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Question du mois : mars 2017

Il existe plusieurs programmes d’éducation en ligne pour les couples qui vivent la recomposition de leur famille.

VRAI
50 %
FAUX
50 %

Nombre de votes : 106

Réponse :

Faux

Il y a peu de programmes d’éducation en ligne pour les couples de familles recomposées et, à notre connaissance, les quelques programmes existants sont en anglais uniquement.

Cette situation devrait cependant changer dans les prochains mois. Une équipe de chercheurs et de cliniciens ont entrepris à l’automne 2013 l’élaboration d’un programme d’éducation en ligne destiné aux couples francophones qui vivent une recomposition familiale. Le programme vise à enrichir les connaissances des conjoints et des conjointes qui vivent cette situation familiale et à les soutenir dans le développement d’habiletés de communication et de gestion de problème. Il est basé sur les résultats des recherches les plus pertinentes pour prévenir la détérioration de la relation conjugale et favoriser l’harmonie entre tous les membres de la famille. Il contient des informations qui seront accessibles en libre accès pour les couples de familles recomposées qui ont des enfants de différentes tranches d’âge, peu importe qu’ils demeurent à temps plein ou à temps partiel avec le couple. Les intervenants et les enseignants concernés par cette problématique y trouveront également des informations et des exercices susceptibles de les intéresser.

Quatre thèmes spécifiques sont actuellement abordés dans ce programme : la communication, la famille, le couple et la parentalité incluant les rôles parentaux et beaux-parentaux. Chaque thème propose des activités qui se présentent sous plusieurs formes dont des feuillets d’information, des jeux interactifs, des questionnaires, des vidéos et des animations. Les thèmes peuvent être consultés indépendamment les uns des autres selon l’intérêt et les besoins des participants. À la fin de chaque thème, les personnes sont invitées soit, à une réflexion en lien avec le contenu du thème soit, à élaborer, seules ou avec leur partenaire, un plan d’action pour leur famille, soit à planifier une tâche pour les jours à venir. Des références et des liens Internet vers des ressources utiles peuvent être suggérés. Un court questionnaire d’évaluation de la satisfaction des participants complète chacun des thèmes, d’une durée moyenne de 30 minutes. Le programme a pour nom La famille recomposée, une équipe à bâtir? Ilsera en ligne au cours de l’année 2017 à l’adresse suivante : https://www.famillesrecomposees.com. C’est donc à surveiller!

En savoir plus :

Parent, C., Robitaille, C., Saint-Jacques, M.-C., Gosselin, J., Avril, A., Noël, J., Rouiller, A.-M., Beaudry, M., Boisvert, J.-M., Lagouarde, L., Lévesque, S., Godbout, É. (en cours). Un programme d’éducation en ligne pour les couples de familles recomposées. Université Laval.

 

Question du mois : février 2017

Le travailleur de rue doit établir un plan d’action clair et bien défini s’il veut parvenir à intervenir adéquatement auprès des jeunes en rupture sociale.

VRAI
50 %
FAUX
50 %

Nombre de votes : 134

Réponse :

FAUX

Entre 2013 et 2015, une étude de cas a été réalisée dans l’univers d’organismes communautaires en travail de rue par le biais d’une démarche d’observation participante et de groupes de discussion (travailleurs de rue, jeunes, coordonnateurs, partenaires). Cette étude visait à éclairer comment se négocient le sens et les usages des pratiques en travail de rue et comment se produit l’adéquation d’une telle intervention en réponse aux besoins et aspirations des jeunes en situation de rupture sociale.

Puisque cette pratique a pour mission de rejoindre les personnes dans leurs milieux de vie, les travailleurs de rue doivent s’adapter à leurs codes sociaux et culturels plutôt que d’engager ces derniers à répondre à des visées préétablies. Certaines conditions apparaissent importantes à réunir afin que les praticiens soient en mesure de remplir pleinement ce mandat. Une première condition renvoie à l’importance de la patience. En effet, dans la mesure où les praticiens veulent se rapprocher des personnes marginalisées, ils doivent éviter de chercher à trop rapidement intervenir et prendre le temps de traverser les filtres sociaux qui maintiennent ces personnes à l’écart des structures sociales. Une telle condition exige des travailleurs de rue qu’ils assument le sentiment d’inutilité qui marque souvent les premiers mois de leur pratique ainsi que les nombreux détours, parfois nécessaires, pour arriver à établir un contact avec ceux qu’ils visent à joindre.

Une deuxième condition concerne la flexibilité identitaire dont les travailleurs de rue doivent faire preuve pour établir une relation significative prenant appui sur un équilibre fragile entre les dimensions formelles et informelles du rapport qu’ils sont appelés à établir avec les personnes rejointes (ex. être ami, mais pas tout à fait). Une autre condition renvoie à l’adaptabilité que les praticiens doivent démontrer pour composer avec l’imprévisibilité des situations et la diversité des demandes. Ils doivent avoir une grande polyvalence et posséder des compétences généralistes importantes, et être prêts à aborder leur tâche d’intervention sans plan d’action classique, en s’adaptant continuellement aux circonstances et au rythme de chaque personne.

Enfin, pour maintenir la légitimité de leur présence dans le milieu et pour y jouer un rôle qui contribue au mieux-être de personnes en rupture avec les normes sociales, le respect de l’autodétermination et le caractère non-directif de cette forme d’intervention sont essentiels à l’exercice de cette pratique. Cette dernière condition implique de savoir s’engager auprès des personnes sans poser de conditions ni attendre de résultats.  

En savoir plus :

Fontaine, A. (en cours). La négociation du sens et des usages des pratiques en travail de rue auprès des jeunes, CRSH. École de service social, Université Laval 

 

Question du mois : janvier 2017

La prévention de la maltraitance envers les enfants est considérée comme une priorité dans des communautés québécoises.

VRAI
72 %
FAUX
28 %

Nombre de votes : 104

Réponse :

Faux

En 2013 et 2014, seize informateurs-clés ont été rencontrés en entrevue pour discuter de la disposition à agir en prévention de la maltraitance envers les enfants dans leur communauté, et ce, préalablement à la mise en œuvre d’une stratégie de prévention axée sur le soutien à la parentalité. Quatre communautés québécoises délimitées par des territoires de CLSC ont été étudiées.

Globalement, la prévention de la maltraitance et le soutien à la parentalité sont considérés comme étant importants par les informateurs-clés. Cependant, le développement de la capacité à prévenir la maltraitance représente un défi majeur dans les communautés étudiées.

Des pratiques sont mises en place pour soutenir la parentalité et des efforts sont déployés pour rejoindre les familles. Les acteurs du milieu de l’intervention semblent motivés à collaborer dans le but de prévenir la maltraitance et des structures de collaboration telles que des tables de concertation sont en place. Par contre, une minorité de pratiques mises en place ont une visée explicite et un impact mesurable en prévention de la maltraitance. En outre, les informateurs-clés ne perçoivent pas que les dirigeants élus, les institutions publiques et les fondations impliqués dans le domaine exercent actuellement le leadership nécessaire afin d’élaborer et de coordonner une stratégie en matière de prévention. Les ressources financières allouées sont considérées comme étant insuffisantes et la disponibilité des ressources humaines est perçue comme limitée.

Par ailleurs, des appuis susceptibles de motiver et de légitimer l’action en prévention de la maltraitance sont présents, mais semblent méconnus ou sous-utilisés. C’est le cas des objectifs du ministère de la Santé et des Services sociaux à l’égard de la prévention de la maltraitance et du soutien à la parentalité de même que des mandats en prévention sur lesquels différentes organisations pourraient s’appuyer afin de justifier la mise en place d’actions. C’est aussi le cas des données et des informations disponibles en ce qui concerne la maltraitance et sa prévention qui seraient en mesure de susciter une volonté d’agir et d’orienter l’action vers des pratiques efficaces.

Ces résultats s’inscrivent dans la cadre d’un projet de recherche de doctorat réalisé sur la disposition à agir des communautés en prévention de la maltraitance envers les enfants. Le portrait présenté permet d’identifier les éléments qui soutiennent ou qui font obstacle à l’action dans les communautés. 

En savoir plus :

Thomas, F. et Gagné, M-H. Disposition à agir des communautés en prévention de la maltraitance envers les enfants. Communication affichée. Colloque JEFAR.Jeunes et familles à risque en 2016. Que savons-nous? Que faisons-nous? Université Laval, 9 décembre 2016.

Thomas, F. (en cours). Disposition à agir des communautés en prévention de la maltraitance envers les enfants (Mémoire doctoral). École de psychologie, Université Laval. 

 

Question du mois : décembre 2016

Selon des intervenantes en protection de la jeunesse, l’attachement à des personnes extérieures à la famille d’origine serait un facteur favorisant la discontinuité intergénérationnelle de la maltraitance.

VRAI
83 %
FAUX
17 %

Nombre de votes : 115

Réponse :

Vrai

La discontinuité intergénérationnelle de la maltraitance renvoie à la cessation de comportements maltraitants entre deux générations. Dans le cadre d’un projet de recherche portant sur l’analyse des facteurs associés à la discontinuité intergénérationnelle de la maltraitance, des intervenantes en protection de la jeunesse ont été rencontrées lors d’un groupe de discussion à l’hiver 2015. Cette rencontre visait à améliorer la compréhension du phénomène de transmission intergénérationnelle de la maltraitance à partir du point de vue d’intervenants. Elle se voulait un premier pas vers l’élaboration d’une réponse préventive efficace des dynamiques de transmission de la maltraitance.

Les premiers résultats de cette étude indiquent que les intervenantes rencontrées considèrent que l’attachement à des personnes extérieures à la famille d’origine pourrait être un facteur favorisant la discontinuité intergénérationnelle. Ces personnes pourraient en effet fournir le soutien nécessaire à une personne qui décide de « faire autrement » que ses parents au moment de devenir parent à son tour. Il reste que plusieurs obstacles peuvent freiner cette décision, notamment l’influence importante des membres du réseau familial qui peut se traduire par du chantage ou des menaces.

Pour en savoir plus, un atelier concernant les points de vue d’intervenants et de parents suivis en centre jeunesse sur la transmission intergénérationnelle sera présenté au colloque JEFAR, le 9 décembre prochain. Nous vous y attendons en grand nombre! Pour vous inscrire. 

En savoir plus :

M-C. Richard (en cours). Analyse des facteurs associés à la discontinuité intergénérationnelle de la maltraitance. Centre de recherche JEFAR, Université Laval.

 

Question du mois : novembre 2016

Les parents séparés dont l’enfant est en garde partagée s’offrent davantage de soutien coparental que les parents dont l’enfant est en garde exclusive.

 

VRAI
73 %
FAUX
27 %

Nombre de votes : 111

Réponse :

Vrai

La coparentalité est déterminante dans l’adaptation des familles en contexte de séparation parentale. Il importe donc de mieux comprendre les facteurs qui influencent la coparentalité postséparation. En particulier, il est intéressant de s’attarder au facteur d’influence qu’est la modalité de garde de l’enfant, puisque les données probantes au sujet de l’association entre la modalité de garde et la coparentalité postséparation sont contradictoires.

Effectuée dans le cadre d’un mémoire de maitrise, l’objectif premier de cette méta-analyse est d’examiner la direction et la force de l’association entre la modalité de garde de l’enfant et la coparentalité postséparation, telle que mesurée par le conflit et le soutien. Le second objectif est d’examiner la contribution de modérateurs potentiels dans l’association entre la modalité de garde et la coparentalité postséparation.

Incluant 13 études, les résultats de cette méta-analyse montrent, entre autre, qu’il existe une association significative, bien que faible, entre la modalité de garde et le soutien coparental. Cela signifie que les familles en garde partagée présentent significativement plus de soutien coparental que les familles en garde exclusive. Mentionnons cependant que la relation entre la modalité de garde partagée et le soutien varie en fonction de la personne qui évalue le soutien coparental. Les mères notamment rapportent significativement plus souvent de soutien en garde partagée que les pères dans les études recensées.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à participer au colloque JEFAR, le 9 décembre prochain, où un atelier sur le sujet sera présenté. Cet atelier présentera les principaux résultats de ce mémoire et proposera une discussion ouverte entre les participants afin de générer des hypothèses pour expliquer les résultats. Pour vous inscrire.

En savoir plus :

Leclair, Véronique (en cours). L’influence de la modalité de garde sur la coparentalité postséparation : une méta-analyse. Québec. Département de psychoéducation, Université du Québec à Trois-Rivières.

 

Question du mois : octobre 2016

Pour la majorité des mères vivant au Québec, la fréquence des contacts entre leur enfant et le père décline progressivement après la séparation conjugale.

VRAI
57 %
FAUX
43 %

Nombre de votes : 182

Réponse :

Faux

Sur le plan socio-juridique, un des enjeux majeurs concerne le maintien des contacts entre l’enfant et ses deux parents après la séparation conjugale. Les chercheurs proposent généralement un portrait linéaire de l’évolution de l’engagement des pères auprès de leur enfant, marqué par un déclin graduel des contacts post-séparation. Dans le cadre d’une recherche postdoctorale, nous avons identifié et décrit, à partir de la période entourant la séparation des parents, les trajectoires de contacts père-enfant empruntés sur une période de huit ans. Pour ce faire, nous avons pris appui sur les données de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ÉLDEQ 2000-2010). Notre échantillon est composé de 245 mères d’enfants en garde principale à la mère ou en garde partagée. Mentionnons que tous les pères de cet échantillon ont cohabité avec leur enfant au cours de leur prime enfance, ce qui peut avoir influencé leur engagement paternel post-séparation.

Les analyses ont permis de dégager six trajectoires. Trois d’entre-elles regroupent des pères (75%) qui sont de « modérément » à « très impliqués » au moment de la séparation et qui le demeurent de façon stable. Deux autres trajectoires incluent des pères qui se désengagent après la séparation. L’une reflète un déclin des contacts père-enfant (13%), l’autre regroupe des pères n’ayant aucun contact physique tout au long de la période investiguée (5%). Une dernière trajectoire (7%) montre que de faibles contacts père-enfant au moment de la séparation s’accentuent après la première année.

En somme, les trois quarts des pères maintiendraient des contacts modérés ou seraient très engagés avec leur enfant ; le déclin décrit comme typique dans la littérature ne concernerait que 13% des pères. Malgré plusieurs limites (c.-à-d. outil répondu par les mères), notre étude rend compte de la diversité des réalités familiales post-séparation. Il est intéressant d’observer que les pères qui établissent les liens les plus étroits avec leurs enfants au moment de la séparation ont plus de chances de maintenir leur engagement dans les années subséquentes. Au contraire, les pères peu impliqués au moment de la séparation seront peu enclins à s’engager dans les années ultérieures. Cette stabilité est-elle due avec l’engagement paternel avant la séparation ? Il nous est impossible de confirmer cette hypothèse, car nous n’avons pas d’informations relatives à la période pré-séparation.

En savoir plus :

Baude, A., Drapeau, S., Lachance, V., & Ivers, H. (2016). Les trajectoires de contacts père-enfant après la séparation. Colloque étudiant du Centre de recherche JEFAR, 26 avril 2016, Québec. 

Baude, A., Drapeau, S., Lachance, V., & Ivers, H. (en cours). Patterns of contact after parental separation.Journal of Family Psychology. 

 

Question du mois : septembre 2016

Suivant le placement de leur enfant en contexte de protection de la jeunesse, les mères maintiennent généralement des contacts avec leur enfant. Ainsi leur identité de mère est préservée.

VRAI
74 %
FAUX
26 %

Nombre de votes : 156

Réponse :

FAUX

Plusieurs études montrent plutôt que l’identité de mère est ébranlée suivant le placement de leur enfant. L’écart entre la façon dont elles sont perçues par les autres et leur propre conception de la parentalité amène des idées contradictoires qui affectent leur image. Cette opposition devient une source de stress, car elles doivent conjuguer avec deux idées opposées pour restaurer leur identité parentale. D’une part, elles éprouvent le sentiment d’avoir essayé d’être de "bonnes mères" qui aiment leurs enfants. D’autre part, elles sont conscientes du fait que leur enfant a souffert de la maltraitance subie. Pour se protéger des jugements d’autrui et préserver la reconnaissance qu’elles ont dans d’autres domaines de leur vie, des mères vont jusqu’à éviter de dire qu’elles ont un enfant placé.  Selon certaines études, la capacité des mères à gérer le sentiment de perte et maintenir une identité parentale dépendrait en grande partie du rôle joué par les travailleurs sociaux. En effet, la reconnaissance réciproque entre les efforts mis en œuvre par la mère pour rétablir sa situation et le travail effectué par l’intervenante pour la soutenir et aider l’enfant contribuent à la construction ou au maintien d’une identité parentale positive.

La dignité de ces mères est également touchée par la perte du statut de parent, car la maternité pouvait être la seule forme de reconnaissance sociale qui leur était accessible. Comme ces femmes sont généralement dans une situation de vulnérabilité avant le placement de leur enfant (pauvreté, consommation de drogues et d’alcool, problèmes de santé physique ou mentale, violence conjugale), le statut de mère qu'offre la maternité peut apparaître comme étant une forme de reconnaissance sociale accessible. Une nouvelle grossesse suivant le placement de l'enfant peut a fortiori devenir une chance de retrouver une identité socialement acceptable et respectable. Même si la parentalité joue un rôle important dans leur construction identitaire, il est aussi possible que ces mères acquièrent une autre forme de reconnaissance sociale menant à une identité de femme plus positive. Cette reconnaissance peut venir d’un travail où elles se sentent valorisées ou encore lorsqu’elles réussissent une nouvelle vie conjugale.

Une étude doctorale sur ce thème est actuellement en cours. Elle vise à décrire les processus qui freinent ou qui favorisent la reconnaissance sociale des mères dans les situations où l’enfant est placé jusqu’à sa majorité. L’étude permettra de mettre en lumière différentes trajectoires et d’identifier les facteurs qui influencent leur construction identitaire. 

En savoir plus :

Julie Noël (en cours). Les processus freinant ou favorisant la reconnaissance sociale des mères dont l’enfant est placé jusqu’à sa majorité en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ).Thèse de doctorat, École de service social. Québec : Université Laval.

Noël, J. et Saint-Jacques, M.C. (2015). Peut-on reprendre du pouvoir sur sa vie lorsque l’on perd la garde de son enfant? Dans Lacharité, C., Sellenet, C., Chamberland, C. (dir.), La protection de l'enfance, la parole des enfants et des parents. Québec : Les Presses de l’Université du Québec.

 

Question du mois : juin 2016

La recherche-action Miser sur les forces des jeunes pour prévenir le décrochage scolaire a permis d’observer chez les jeunes participants une augmentation de leur motivation à rester à l’école.

VRAI
89 %
FAUX
11 %

Nombre de votes : 101

Réponse :

Faux

Bien qu’un nombre plus élevé de jeunes aient accepté de prendre part à la recherche-action entreprise en collaboration avec l’École de la Relance de la Commission scolaire des Premières Seigneuries (CSPS) et le centre de réadaptation (CR) Le Gouvernail de l’Institut universitaire du Centre jeunesse de Québec (IUCJQ), seulement dix jeunes sur trente ont participé à la dernière passation des questionnaires visant à mesurer leur degré de motivation à rester l’école. D’autres variables d’intérêt ont été mesurées au début de l’intervention et deux mois après celle-ci, dont l’estime de soi, la perception de compétence et d’autodétermination dans divers domaines de vie et le degré d’anxiété. Une intervenante-pivot avait été engagée pour réaliser un suivi individualisé auprès des jeunes participants à la recherche afin d’identifier avec eux un projet scolaire ou parascolaire en lien avec leurs forces. Elle a joué plusieurs rôles auprès de ces jeunes, mais aussi un rôle de liaison auprès de plusieurs acteurs importants de leurs milieux de vie : leur famille, le personnel de direction et de soutien de l’École de la Relance, leurs enseignants, les éducateurs du CR, le réseau des écoles externes, les intervenants psychosociaux de l’IUCJQ, des intervenants des Commissions scolaires. Ses interventions, directes et indirectes, ont permis d’établir un lien de confiance avec les jeunes et de connaître leur potentiel et leurs projets d’avenir. Elle les a aussi aidés à gérer leurs inquiétudes vis-à-vis des transitions scolaires, c’est-à-dire des transitions vers une école externe de la CSPS ou d’autres CS. De façon indirecte, elle a également fait la promotion auprès des acteurs scolaires de l’importance de miser sur les forces des jeunes plutôt que sur leurs difficultés. On pourrait résumer que ses objectifs d’intervention visaient à maintenir et valoriser les jeunes dans ce qui devrait être leur rôle social principal, c’est-à-dire celui d’étudiant.

Bien que nous n’ayons pas observé d’amélioration sur le plan de la motivation des jeunes participants à rester à l’école, une différence significative a été observée quant à une hausse de leur estime de soi et une baisse du degré d’anxiété. Nous ne pouvons faire de liens de cause à effet entre les interventions réalisées par l’intervenante-pivot et la hausse de l’estime de soi et la diminution de l’anxiété chez les jeunes. Par contre, certains éléments nous portent à croire que les interventions ciblées qu’elle a réalisées, en collaboration avec les acteurs des divers milieux entourant les jeunes, ont permis un meilleur arrimage entre les différents services ainsi qu’un changement d’attitude de la part des intervenants tant du milieu scolaire que celui de la réadaptation. 

En savoir plus :

C. Pilote, M. St-Onge, M. Allard. « Les leçons à tirer d’une approche axée sur les forces auprès de jeunes scolarisés à l’École de la Relance », Webinaire du 13 avril 2016 de l’IUCJQ. 

 

Question du mois : mai 2016

Les familles d’accueil de proximité, ou « personnes significatives », appelées à gérer les contacts entre l’enfant placé et ses parents d’origine vivent essentiellement les mêmes défis et enjeux que les familles d’accueil régulières.

VRAI
53 %
FAUX
47 %

Nombre de votes : 95

Réponse :

Faux

Il est vrai qu’à plusieurs égards, les familles d’accueil (FA) et familles d’accueil de proximité (FAP) vivent des réalités semblables; les deux doivent prendre soin d’enfants qui ont vécu de la maltraitance et qui présentent des besoins importants. Elles doivent aussi collaborer avec le système de protection de l’enfance et répondre à ses exigences (procédures à suivre, comptes à rendre, etc.). Cependant, la situation des FAP à l’égard des parents d’origine et la gestion des contacts entre l’enfant placé et ses parents se présente différemment. La plupart de ces milieux d’accueil connaissent le/les parents d’origine et doivent composer avec une proximité qui comporte des défis bien spécifiques.

Entre la nécessité de prioriser les intérêts de l’enfant et la préoccupation quant au maintien de liens de confiance et de respect avec les parents de l’enfant (généralement un membre de leur propre famille), les FAP se trouvent dans une position souvent fragilisée sur le plan des relations avec les parents d’origine. Ainsi, dans les FAP, comparativement aux FA, les responsabilités et rôles respectifs sont moins bien définis, ce qui a pour effet de favoriser les désaccords et les confusions autour de l’implication des parents et d’augmenter les risques de conflit. Par exemple, dans certains cas, les décisions émises par la cour proposent que les FAP encadrent, supervisent, voire interdisent au besoin les contacts entre un parent d’origine et l’enfant (par exemple, si le parent se présente intoxiqué au contact ou devient agressif ou violent). Cette situation peut créer des tensions importantes entre la FAP et les parents, d’autant plus que le placement en soi met la FAP en position d’autorité. Le rôle parental que les FAP occupent auprès de l’enfant, malgré le fait qu’il leur ait été consenti et attribué par la loi, peut être en discordance avec le lien qui les unit au parent de l’enfant et la relation qu’ils entretiennent avec celui-ci. Pour pallier aux difficultés relationnelles que leur situation impose, les FAP tendent à insister sur le bien-être de l’enfant et à en faire une priorité. Mettre l’accent sur le bien-être de l’enfant permet alors à ces familles de mieux composer avec leur position « sensible » et de justifier les différentes interventions qu’elles sont appelées à faire auprès des parents de l’enfant.

En savoir plus :

Chateauneuf, D. Turcotte, D. (2015). L’évaluation de la LPJ : qu’en est-il huit ans plus tard? La perspective des milieux d’accueil. Annexe VI, pp. 428-475. Dans Drapeau, Hélie, Turcotte et coll. L’évaluation des impacts de la Loi sur la protection de la jeunesse : Qu’en est-il huit ans plus tard. Rapport final déposé à la Direction des jeunes et des familles du MSSS, Québec, Centre de recherche sur l'adaptation des jeunes et des familles à risque. 

 

Question du mois : avril 2016

Parmi les différents événements de vie susceptibles de favoriser le désistement du crime chez les jeunes adultes, on retrouve celui de devenir parent. Cet événement semble avoir le même impact chez les jeunes femmes que chez les jeunes hommes.

VRAI
57 %
FAUX
43 %

Nombre de votes : 122

Réponse :

Faux

Il est vrai que les jeunes femmes qui traversent différents évènements de vie (scolarisation, entrée sur le marché du travail, création de leur propre domicile, formation d’une famille, etc.) sont plus susceptibles de se désister du crime que celles qui ne le font pas. Selon certains auteurs, les variables de développement social (comme la scolarisation ou l’entrée sur le marché du travail), sont moins, voire peu utiles pour expliquer le désistement du crime des jeunes hommes. En effet, des études ont démontré que ceux qui avaient quitté la maison familiale, formé des relations et eu des enfants n’étaient pas plus susceptibles de se désister du crime que ceux qui n’avaient pas réalisé ces transitions de vie. Des auteurs ont proposé différentes pistes afin d’expliquer ces résultats. Ils ont émis comme hypothèse que les transitions, comme le mariage et l’emploi, peuvent ne pas avoir la même signification pour tous les individus et offrent simplement des opportunités pour qu’un changement se produise. Les contingences individuelles joueraient alors un rôle de médiation.

D’autres auteurs ajoutent que les hommes, comparativement aux femmes, sont possiblement moins enclins à saisir ou à être en mesure de tirer avantage de telles opportunités. Il se pourrait également que, pour les hommes, les conséquences négatives associées au fait de saisir ces opportunités l’emportent sur les effets positifs, contrairement aux femmes. Les effets associés au passage des étapes développementales de la transition à l’âge adulte pourraient aussi être « écrasés » par d’autres influences exerçant un plus grand pouvoir, du moins jusqu’à la mi-vingtaine. Cela semble le cas des hommes qui continuent à être en contact avec des pairs délinquants, de consommer de l’alcool et des drogues de façon importante, et qui continuent à commettre des délits. Il se peut aussi que les hommes, indépendamment du fait qu’ils soient objectivement plus matures ou non, soient incapables de se détacher de leurs comportements criminels, tout en restant en contact avec leurs amis et les membres de leur famille, qui ont eux-mêmes des problèmes avec la police et qui ont une consommation importante d’alcool et de drogues. Finalement, il semblerait que, pour les hommes qui ont obtenu un emploi ou qui se sont mariés, les effets soient retardés au-delà de l’âge de 25 ans. Il serait donc possible que la période de transition pour les jeunes hommes débute plus tard, dure plus longtemps et soit toujours incomplète à la mi-vingtaine, pour plusieurs d’entre eux.

Une étude postdoctorale est en cours afin de déterminer les facteurs associés au désistement du crime chez les jeunes adultes québécois ayant commis des délits. L’étude devrait permettre de mieux comprendre, à partir de 13 entretiens, les différents parcours qu’empruntent les jeunes adultes qui se désistent du crime. 

En savoir plus :

Arseneault, Catherine (en cours). De l’adolescence à la vie adulte, de la récidive au désistement du crime : les parcours des jeunes adultes québécois ayant commis des délits. Département de psychoéducation, Faculté des sciences de l’éducation, Université Laval. 

Avril, Anne. (2015). Recension critique des écrits sur les facteurs biologiques, structurels et agentiels favorisant le désistement du crime chez les jeunes adultes (essai de maîtrise). Québec. Département des fondements et pratiques en éducation. Faculté des sciences de l’éducation, Université Laval. 

 

Question du mois : mars 2016

Suite à l’entrée en vigueur, en 2007, des modifications apportées à la Loi sur la protection de la jeunesse, le recours au placement des enfants a diminué.

VRAI
61 %
FAUX
39 %

Nombre de votes : 132

Réponse :

VRAI

En 2006, le gouvernement du Québec a apporté des modifications importantes à la Loi sur la protection de la jeunesse. Tout en réaffirmant que les décisions doivent tendre à maintenir l'enfant dans son milieu familial, la nouvelle Loi précise que lorsque le maintien ou le retour de l’enfant dans son milieu familial n’est pas possible, les décisions doivent assurer à l'enfant un milieu de vie stable à plus long terme. En 2011, une première évaluation a établi que le recours au placement de même que l’instabilité du milieu de vie de l’enfant avaient diminué légèrement suite à l’implantation des nouvelles dispositions de la loi. Une deuxième évaluation complétée en 2015 indique que la tendance observée en 2011 se maintient. Basés sur une période d’observation de 48 mois, les données indiquent que la proportion d’enfants qui ont connu un placement est passée de 66% avant les modifications à la Loi (entrée dans le système de protection en 2003-04) à 60% pour les enfants qui sont entrés dans le système en 2009.

Selon les données de l’Association des centres jeunesse du Québec, au 31 mars 2015, on comptait 10 987 enfants placés en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ), ce qui représente 52,2% des enfants de moins de 18 ans qui font l’objet de mesures de protection. Plus de la moitié est placée en famille d’accueil (57,5%) et l’autre moitié est constituée d’enfants placés en milieu institutionnel (23%) ou confiés à une personne significative (19,5%). Le recours au placement en milieu substitut est une pratique qui a beaucoup d’impacts sur l’enfant et sa famille. En effet, le placement modifie le quotidien de l’enfant et transforme les liens avec ses proches. Cette transition peut être une source de stress en raison des nombreuses adaptations qu’elle exige : changement d’école, perte d’amis, intégration dans un nouveau domicile, adaptation à un nouveau voisinage. Chaque déplacement subséquent exacerbe cet impact puisqu’il implique une rupture supplémentaire. Le placement est donc généralement considéré comme une mesure de dernier recours.

En savoir plus :

Drapeau, Hélie, Turcotte et coll., 2015. L’évaluation des impacts de la Loi sur la protection de la jeunesse : qu’en est-il huit ans plus tard? Rapport final déposé à la Direction des jeunes et des familles du MSSS, Québec, Centre de recherche sur l’adaptation des jeunes et des familles à risque. Université Laval. 

 

Question du mois : février 2016

Malgré des contextes sociaux-économiques très différents, les parcours de transition à la vie adulte se déroulent sensiblement selon les mêmes temporalités et enchaînements entre les aînés et les jeunes Béninois (Afrique de l’ouest).

VRAI
47 %
FAUX
53 %

Nombre de votes : 59

Réponse :

Faux

Le Bénin est un pays confronté depuis plus de 30 ans à des mutations démographiques sociales et économiques importantes (poussée démographique, poids de la jeunesse, modernisation, urbanisation, démocratisation, mondialisation, crise économique). Selon certains auteurs, les générations d’anciens qui assumaient autrefois la transmission des savoirs et l’exercice de l’autorité connaissent aujourd’hui une rupture qui remet largement en question l’équilibre traditionnel. Les jeunes gagnent les villes et ce qu’ils y apprennent n’a guère de rapports avec la sagesse que les «vieux» avaient jadis à cœur de communiquer à leurs descendants.   

Dans le cadre d’un travail de doctorat, un portrait comparé de deux cohortes d’hommes Cotonois (Bénin) nés entre 1945-1960 et 1975-1990, a permis l’étude des transmissions intergénérationnelles sous l’angle de la dynamique des parcours d’entrée à la vie adulte masculins et des logiques sous-jacentes.

Chez les jeunes hommes (22-37 ans), l’analyse des parcours montrent que les premières transitions résidentielles et d’insertions professionnelles sont de plus en plus précoces, alors que les premières transitions de vie féconde et de vie de couple sont plus tardives. On assiste à une tendance vers l’allongement des parcours dans la transition à la vie adulte. Chez les aînés (50-67 ans), la majorité (environ 75% dans l’étude) est passée par une série de phases familiales, résidentielles et professionnelles ordonnées quasiment de la même manière. Cette tendance s’atténue chez les jeunes laissant place à une plus grande pluralité de parcours dans la transition à la vie adulte (vie de couple avec résidences séparées, couple sans mariage, naissances prénuptiales, cohabitation de personnes en insertion professionnelle, séparation de couple à l’initiative de la femme, etc.). Ils sont aussi marqués par des processus de bifurcations et d’états intermédiaires.

Loin d'annoncer le début du règne de parcours individualisés et personnalisés, la pluralisation des parcours d'entrée à la vie adulte au sein de la cohorte des jeunes montre l'émergence de transformations et d’adaptations au contexte contemporain marqués notamment par une crise économique persistante.

En savoir plus :

Judicaël Alladatin, 2014,Parcours de vie et entrée en vie adulte: une analyse générationnelle dans la ville de Cotonou au Bénin. Thèse de doctorat, Faculté des sciences sociales, Université Laval. 

 

Question du mois : janvier 2016

Les relations entre les jeunes et leur beau-père dans les familles recomposées sont généralement conflictuelles.

VRAI
34 %
FAUX
66 %

Nombre de votes : 148

Réponse :

Faux

Bien que la relation entre un jeune et son beau-père tende à être moins positive que la relation avec le parent d’origine, les études montrent qu’elle ne peut être qualifiée de problématique ou de conflictuelle pour autant. En effet, selon les études réalisées au cours des dernières années, la majorité des jeunes développent une relation positive avec leur beau-père dans les familles recomposées. Ainsi, les jeunes et leur beau-père font des activités ensemble, discutent de plusieurs sujets importants comme l’école et peuvent développer une communication ouverte et positive. 

Dans le cadre d’un projet de recherche à la maîtrise, une étude qualitative avec un devis mixte a été réalisée pour décrire la relation entre les jeunes et leur beau-père. Plus spécifiquement, l’étude portait sur le développement de la relation entre le jeune et son beau-père, les caractéristiques de cette relation ainsi que l’influence des sous-systèmes familiaux sur la relation. Quinze participants âgés de 20 à 25 ans ont pris part à cette étude. Les résultats obtenus montrent que la relation entre un jeune et son beau-père est généralement positive dès le début de la relation ou qu’elle s’améliore avec le temps. Différents éléments facilitent ou font obstacle au développement d’une relation positive. Par exemple, passer des moments agréables ensemble, avoir une bonne cohésion familiale et voir des avantages à l’arrivée du beau-père dans la famille sont autant d’éléments qui favorisent le développement d’une bonne relation entre le jeune et son beau-père. Enfin, la grande majorité des jeunes se sentent proches de leur beau-père et ont l’impression que celui-ci se soucie d’eux.

Les résultats de cette étude permettent également de réfléchir à l’implication des beaux-pères dans les suivis psychosociaux. En effet, puisque les jeunes développent fréquemment des liens significatifs et positifs avec leur beau-père, ce dernier pourrait devenir un allier important, au même titre que les parents d’origine, lors des interventions auprès des enfants. 

En savoir plus :

Villeneuve, C. (2015). La relation entre les enfants et leur beau-père dans les familles recomposées : un regard rétrospectif sur l’expérience des jeunes adultes. Québec : École de service social, Université Laval.

 

Question du mois JEFAR : décembre 2015

Les attitudes négatives qu’entretiennent certains parents à l’égard des services de protection de la jeunesse sont modifiables par des stratégies d’intervention se centrant sur leurs réticences.

VRAI
90 %
FAUX
10 %

Nombre de votes : 93

Réponse :

Vrai

Au cours des dernières années, plusieurs études ont été réalisées sur l’engagement des parents dans l’intervention, notamment dans les services d’aide et de protection de la jeunesse (en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Québec récemment). Certaines études indiquent que les perceptions négatives des parents envers les services comme la méfiance, la peur ou la non-reconnaissance du problème et du besoin de l’intervention pourraient nuire à leur participation. En contrepartie, une attitude favorable à l’intervention : avoir de l’espoir, reconnaître son potentiel bénéfique et être en accord avec ses buts, pourrait prédire la participation et la rétention dans les programmes d’intervention. Par exemple, cela se traduirait par une meilleure collaboration du parent avec les services et une participation accrue dans les prises de décisions entourant la situation de leur enfant.

Aux États-Unis, des stratégies d’intervention visant à agir sur les attitudes des parents afin de favoriser une prise de conscience quant aux avantages de l’intervention auprès de leur famille ont été mises en place et évaluées par des équipes de recherche. Les résultats de ces évaluations montrent que lorsque les réticences des parents sont diminuées par ce type d’intervention, on observe une présence accrue aux rencontres et une diminution des taux d’abandon dans les services auxquels ils participent. Ces stratégies s’avèreraient donc efficaces pour modifier les attitudes et favoriser l’engagement des parents dans l’intervention. Les travaux de plusieurs auteurs (Coatsworth et coll., 2001; McKay et coll., 1996, 2001; Prinz et Miller, 1994) abondent spécifiquement dans ce sens.

Si plusieurs études ont porté sur l’engagement des parents prenant part à des programmes de prévention ou d’intervention dans un contexte volontaire, elles sont moins nombreuses à s’être intéressées au contexte d’une participation non volontaire et à celui plus spécifique de la protection de la jeunesse. Au Québec, plus particulièrement, l’engagement et l’implication des parents dans l’intervention sont au cœur des changements apportés à Loi sur la protection de la jeunesse en 2007. Afin de mieux comprendre l’engagement des parents, une étude doctorale est présentement en cours et vise à cerner les différentes dimensions de cet engagement dans les services offerts en protection de la jeunesse. 

En savoir plus :

Charest Belzile, Dorothée (en cours). L’engagement parental en contexte de protection de la jeunesse : un phénomène multidimensionnel. Thèse de doctorat. Québec : École de psychologie, Université Laval.

Les études : Coatsworth, J. D., Santisteban, D., McBride, C. et Szapocznik, J. (2001). Brief strategic family therapy versus community control : Engagement, retention and an exploration of the moderating role of adolescent symptom severity. Family Process, 40(3), 313-332; McKay, M. M., Nudelman, R., McCadam, K. et Gonzales, J. (1996). Evaluating a social work engagement approach to involving inner-city children and their families in mental health care. Research on Social Work Practice, 6(4), 462-472; McKay, M. M., Pennington, J., Lynn, C. J. et McCadam, K. (2001). Understanding urban child mental health service use: Two studies of child, family, and environmental correlates. Journal of Behavioral Health Services and Research, 28, 475-483; Prinz, R. J. et Miller, G. E. (1994). Family-based treatment for childhood antisocial behavior: Experimental influences on dropout and engagement. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 62, 645-650.

 

Question du mois : novembre 2015

Le début de l’âge adulte est une période charnière pour le désistement du crime.

VRAI
74 %
FAUX
26 %

Nombre de votes : 100

Réponse :

Vrai

Se désister signifie : cesser de faire quelque chose. Dans le domaine du désistement du crime, on distingue le désistement de la fin des activités criminelles ; cette dernière correspondant à un événement, soit le moment où les activités criminelles cessent. Le désistement, lui, est vu comme le processus qui soutient cette fin. Certains auteurs soulignent que le désistement découle d’une variété de processus développementaux, psychologiques et sociaux complexes. Il y aurait donc plusieurs facteurs qui y sont associés. Le début de l’âge adulte semble être une période charnière au cours de laquelle les contrevenants commencent à se désister. Plusieurs opportunités se présenteraient alors pour le faire.

La réalisation d’une recension des écrits a permis de mieux connaître les facteurs associés au désistement du crime chez les jeunes adultes. D’abord sur le plan biologique, certains auteurs ont associé le désistement du crime à des processus de maturation physiques et psychologiques. L’idée étant que plus les individus deviennent matures, plus ils sont susceptibles de se désister du crime. Sur le plan structurel, plusieurs auteurs ont associé le désistement du crime à l’obtention d’un emploi. Or, cette association ne semble pas directe. En effet, certains individus se désistent seulement lorsqu’ils ont un emploi stable et de qualité, alors que d’autres se désistent même s’ils n’ont pas d’emploi. Le mariage semble également avoir un effet sur le désistement du crime en raison du contrôle social informel qu’il exerce, la relation maritale imposant des coûts significatifs lorsqu’un crime est commis. En ce qui concerne les relations non maritales, qui représentent davantage le type de relations que les jeunes adultes ont de nos jours, celles-ci doivent être de qualité pour exercer leur influence sur le désistement du crime. Un autre facteur structurel qui exerce une influence sur le désistement du crime est la parentalité. Toutefois, son influence semble davantage présente pour les femmes.

Finalement, d’autres auteurs parlent de facteurs agentiels pour expliquer le désistement du crime des jeunes adultes. L’agentivité réfère, entre autres, à la capacité des individus d’imaginer des trajectoires possibles qui se traduisent en action. Se désister du crime nécessite d’apporter des changements concrets par rapport à ses habitudes de vie et implique d’adopter de nouvelles stratégies d’adaptation. Certains auteurs mentionnent que les jeunes contrevenants doivent revoir les coûts et les bénéfices associés au crime, car avec l’âge, les conséquences deviennent plus importantes. En somme, il est de plus en plus reconnu qu’il existe différents types de processus de désistement du crime et qu’il est important de tenir compte des facteurs biologiques, structurels et agentiels. 

En savoir plus :

Avril, Anne (en cours). Recension critique des écrits sur les facteurs biologiques, structurels et agentiels favorisant le désistement du crime chez les jeunes adultes. Essai de maitrise. Département des fondements et pratiques en éducation, Faculté des sciences de l’éducation, Université Laval. 

 

Question du mois : octobre 2015

Lorsque le climat est conflictuel, la garde partagée est néfaste pour les jeunes. 

VRAI
46 %
FAUX
54 %

Nombre de votes : 180

Réponse :

Faux

Objet de vifs débats, la garde partagée est qualifiée à la fois de «meilleure» ou de «pire» solution pour l’enfant. Ces positions sont notamment alimentées par la question des conflits qui perdurent entre les parents séparés. Dans le cadre d’une étude postdoctorale, 21 études empiriques publiées à partir de l’an 2000 portant sur le développement des jeunes en garde partagée versus en garde principale ont été examinées.

Les résultats des travaux sont contradictoires. Des études montrent que les conflits ne sont pas plus nocifs en garde partagée, alors que d’autres relèvent des effets particulièrement négatifs dans ce contexte. Une étude longitudinale indique qu’en garde partagée, lorsqu’un niveau de conflit est élevé au moment de la séparation et qu’il se maintient au cours du temps, les enfants rapportent vivre plus de conflits de loyauté. Ces résultats ne peuvent toutefois pas être généralisés. En effet, il n’y a généralement pas plus de conflits en garde partagée que dans d’autres modes de garde, peu importe que le climat relationnel au moment de la séparation soit plus ou moins conflictuel. Par ailleurs, certains travaux montrent que l’impact des conflits varie selon des enjeux propres à la trajectoire des familles en garde partagée. Les parents en conflits qui adoptent un arrangement rigide ou qui sont particulièrement préoccupés par la sécurité de leurs enfants rapporteraient davantage de problèmes d’adaptation chez leur enfant.

La recherche scientifique ne permet pas donc pas de répondre clairement à la question posée. Ce ne serait pas tant le mode garde que le partage du temps, la flexibilité dans l’aménagement, la fréquence des transitions, la dynamique familiale, entre autres, qui ensemble joueraient un rôle sur l’adaptation et le bien-être des jeunes. Pour appuyer cette hypothèse, de nouvelles études devraient porter plus spécifiquement sur une population de parents en conflit pour différencier les enfants en garde partagée qui vont bien de ceux qui ne vont pas bien. D’autres études devraient être aussi menées auprès de populations moins étudiées, à savoir celles qui se voient ordonner la garde partagée et/ou celles avec des enfants en bas âge. 

En savoir plus :

Baude, A. et Drapeau, S. (accepté). Le développement des jeunes en garde partagée versus en garde exclusive et les variables associées: une recension systématique des écrits. In M.-C. Saint-Jacques, S. Lévesque, C. Robitaille et A. St-Amand (Eds.), Séparation parentale, recomposition familiale : enjeux contemporains. Québec : PUQ.

 

Question du mois : septembre 2015

Les jeunes qui commettent peu de délits au cours de l’adolescence sont susceptibles d’emprunter une trajectoire de délits de faible gravité.

VRAI
62 %
FAUX
38 %

Nombre de votes : 143

Réponse :

Faux

Dans la littérature sur le sujet, les études s’intéressent presque exclusivement à la fréquence des délits (diminution, augmentation ou stabilité) dans le but de créer des trajectoires de délinquance chez les jeunes. Or, les quelques études ayant exploré la gravité et la variété des délits ont démontré que ces indicateurs ne sont pas toujours corrélés avec la fréquence des délits, et ce, tant au cours de la vie qu’à l’adolescence. Ainsi, certains jeunes empruntent une trajectoire de délinquance marquée par quelques délits de forte gravité, mais de faible fréquence.

Dans le cadre d’un projet de recherche doctorale, nous avons tenté d’identifier les trajectoires de délinquance empruntées par des jeunes suivis en vertu de la protection de la jeunesse (LPJ) pour troubles de comportement sérieux (article 38f). L’échantillon est composé de 115 jeunes ayant été aussi sanctionnés pour au moins un délit (contre les biens, contre la personne  ou associés à la vente et au trafic de drogue et stupéfiants), entre l'âge de 12 et 17 ans, en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents (LSJPA). Les analyses ont permis de distinguer quatre trajectoires de délinquance chez ces jeunes : faible (39,1%), en pic élevé (14,0%), en augmentation (36,5%) et à faible fréquence et à gravité en désescalade (10,4%). La dernière trajectoire regroupe des jeunes dont la fréquence des délits était faible au cours des trois années de suivi alors que leur gravité était élevée lors de la première année et diminue fortement par la suite. Ces jeunes commettent donc quelques délits graves en début de parcours avant de diminuer de façon marquée leur commission de délits. Une meilleure compréhension de la diversité des trajectoires de délinquance devrait aider à mieux adapter les interventions auprès de ces jeunes.

En savoir plus :

Vézina, Magalie (en cours). Facteurs associés à la délinquance chez les jeunes pris en charge pour troubles de comportement sérieux en protection de la jeunesse. Thèse de doctorat. Québec : École de psychologie, Université Laval.

 

Question du mois: été 2015

L’intervention de groupe et les réseaux d’entraide sont efficaces pour soutenir les personnes qui entendent des voix.

VRAI
79 %
FAUX
21 %

Nombre de votes : 131

Réponse :

Vrai

Encore trop souvent, les interventions offertes aux personnes qui entendent des voix dérangeantes sont axées sur la tentation de les supprimer. Or, le fait de tenter de les supprimer augmente l’intensité et la fréquence des voix et, par conséquent, la détresse des personnes.

Au cours des dernières années, notamment aux Pays-Bas et en Angleterre, des études comparatives ont permis de mieux comprendre le sens et la signification profonde de l’expérience des personnes qui entendent des voix. Dans le cadre de sa pratique clinique, l’équipe du psychiatre social Marius Romme de l’Université Limburg aux Pays-Bas a été la première à faire ressortir que plusieurs personnes entendant des voix composaient bien avec celles-ci et n’avaient jamais été psychiatrisées. Pour venir en aide aux personnes qui ont de la difficulté à composer avec leurs voix, on a alors compris qu’il fallait d’abord connaitre les stratégies d’adaptation de celles qui y parviennent. En étudiant les stratégies que déploient ces personnes pour composer avec leurs voix, les chercheurs ont contribué à développer une intervention axée sur l’engagement et l’acceptation des voix et sur l’importance d’y trouver un sens. Leurs travaux ont été le fer de lance d’un vaste mouvement d’entraide à travers le monde. Le premier groupe d’entendeurs de voix (EV) a vu le jour en Angleterre, en 1988. Depuis, plus de 180 groupes d’entraide ou de soutien ont été créés exclusivement pour les EV dans ce pays. En 2010, un réseau d’entraide pour les jeunes qui entendent des voix a été également mis sur pied.

 Au Québec, le réseau d’entendeurs de voix (le REVQuébécois) compte près d’une vingtaine de groupes. Notre équipe a conduit des recherches évaluatives s auprès d’un des premiers groupes de soutien ayant vu le jour à Québec. Ces recherches ont fait ressortir des bénéfices thérapeutiques. Les groupes d’entraide ou de soutien contribuent à diminuer les voix négatives et à améliorer l’estime de soi de ces personnes. Par ailleurs, la discussion de sujets tabous, l’universalisation de l’expérience, le sentiment d’appartenance, la formation, la révélation de soi, l’instillation de l’espoir et la déstigmatisation figurent parmi les facteurs thérapeutiques qui ont émergé de cette intervention de groupe (voir : www.lepavois.org/services/mieux-vivre-avec-les-voix). 

En savoir plus :

St-Onge, M. (2014). Une approche multimodale pour aider les personnes psychotiques qui entendent des voix. Actes du colloque « Communautés Thérapeutiques, aussi intempestives que nécessaires ». Bruxelles. http://communautes-therapeutiques2014.jimdo.com/textes/myreille-st-onge/

 

Question du mois : mai 2015

La modalité de garde partagée est à proscrire chez les enfants de 6 ans et moins.

VRAI
27 %
FAUX
73 %

Nombre de votes : 188

Réponse :

Faux

Au cours des dernières années, l’information circulant au sujet de l’impact de la garde partagée chez les tout-petits (0 à 6 ans) semble avoir été mésinterprétée, être inexacte ou incomplète, tant du côté du public que du côté des décideurs, des intervenants sociaux et juridiques. Espérant pallier ce manque, et dans un souci de servir le mieux possible les intérêts des jeunes enfants, des chercheurs ont passé en revue la littérature scientifique sur le sujet. Certains constats peuvent être dégagés de leurs travaux.

  1. De manière générale, il n’y a pas de différence marquée entre le bien-être des jeunes enfants en garde partagée et celui des jeunes en garde exclusive;
  2. Il n’y a pas d’évidence permettant d’affirmer que le fait de dormir ailleurs qu’à la résidence de la mère interfère avec l’attachement du jeune enfant à sa mère;
  3. Lorsque des effets négatifs chez l’enfant entre 0 et 6 ans sont associés à la garde partagée ou au fait de dormir ailleurs qu’à la résidence de la mère, les difficultés éprouvées par l’enfant peuvent être associées à de la négligence parentale, à des horaires en perpétuels changements, à des aspects négatifs de la relation entre les parents ou aux difficultés vécues par le parent lui-même;
  4. Lorsqu’il y a des différences entre l’adaptation des jeunes enfants selon les différentes modalités de garde, l’adaptation des enfants est généralement meilleure chez ceux vivant en garde partagée;
  5. Les meilleurs intérêts du jeune enfant sont respectés lorsque deux parents adéquats suivent un plan parental permettant à l’enfant d’avoir des contacts équilibrés et significatifs avec chacun de ses parents.

En somme, les recherches effectuées sur le sujet montrent que le meilleur intérêt du jeune enfant ne passe pas nécessairement par une modalité de garde particulière, mais plutôt par l’instauration d’une coparentalité adéquate et centrée sur l’enfant, et ce, peu importe la forme que prend le partage de la garde. Il importe donc de procéder au cas par cas pour évaluer le plan parental le plus adéquat pour une famille et de prendre en considération l’ensemble du contexte familial avant de prescrire ou de proscrire en bloc une formule pour tous. L’influence de la modalité de garde sur la coparentalité postrupture fait actuellement l’objet d’une méta-analyse dans le cadre d’un mémoire de maîtrise. Il permettra de réaliser une synthèse des connaissances sur cette question particulière.

En savoir plus :

Leclair, Véronique (en cours). L’influence de la modalité de garde sur la coparentalité postrupture : une méta-analyse. Québec. Département de psychoéducation, Université du Québec à Trois-Rivières. 

 

Question du mois : avril 2015

Une majorité de Québécois croit que les enfants qui grandissent en famille recomposée n’ont pas autant de chance de bien se développer que ceux vivant dans une famille intacte.

VRAI
44 %
FAUX
56 %

Nombre de votes : 147

Réponse :

FAUX

Trois quarts des Québécois (76%) croient que les enfants qui grandissent dans une famille recomposée ont autant de chance de bien se développer et d’être heureux que ceux qui grandissent dans une famille intacte. Toutefois, un peu moins (63%) partage cette opinion lorsqu’il est question des enfants qui grandissent dans une famille monoparentale. C’est ce que révèle un sondage réalisé en 2013 par des chercheurs de l’équipe JEFAR et visant à connaître l’opinion des Québécois et des Québécoises à l’endroit des familles séparées et recomposées. Ce sondage a été réalisé par la firme Léger auprès d'un échantillon représentatif de 1202 Québécois, âgés de 18 ans ou plus.

Les résultats indiquent que pour les Québécois, bâtir une famille recomposée n’est pas nécessairement facile même si le couple est amoureux. D’ailleurs, près d’un répondant sur deux est plutôt d’accord ou tout à fait d’accord avec cet énoncé du sondage. De plus, pour quatre individus sur dix, la famille intacte représente toujours un idéal, alors que la famille recomposée ou monoparentale a moins de valeur selon eux.

Si les enfants qui grandissent dans une famille recomposée ou monoparentale sont considérés par la majorité des Québécois comme ayant autant de chance de bien se développer que les enfants d’une famille intacte, une proportion plus importante de répondants utilise des qualificatifs négatifs lorsqu’il est question de ces familles. Ces données ne sont pas sans rappeler les propos de la Fédération des Associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ) qui, dans le calendrier 2015 du JEAFR, rappelle que même si les réalités familiales et les mentalités ont considérablement évolué au cours des dernières années, certains préjugés accablent toujours les familles monoparentales et recomposées. 

En savoir plus :

Saint-Jacques, M.-C., Godbout, E., Turcotte, D. (2013). Opinion des Québécoises et des Québécois à l’endroit des familles séparées et recomposées et la protection de la jeunesse. Québec : Centre de recherche JEFAR.

 

Question du mois : mars 2015

Les familles d’accueil se disent généralement bien préparées pour exercer leur rôle auprès des jeunes placés.

VRAI
34 %
FAUX
66 %

Nombre de votes : 142

Réponse :

FAUX

Malgré l’évaluation rigoureuse à laquelle les familles d’accueil potentielles font face et les informations qu’elles reçoivent sur les problématiques des enfants suivis en protection de la jeunesse, leur tâche est souvent plus difficile qu’elles ne l’anticipaient au départ. Même les familles d’accueil ayant plusieurs années d’expérience peuvent éprouver le sentiment de ne pas être à la hauteur face à la lourdeur de certaines situations. Le vécu complexe des enfants qu’elles accueillent peut alors freiner leur investissement et contribuer à développer un sentiment d’incompétence. Les écrits recensés à ce sujet le confirment : plusieurs familles souhaiteraient être mieux préparées et mieux formées pour affronter les nombreux défis inhérents aux enfants qu’elles accueillent. 

Dans le cadre d’un projet d’intervention/essai en service social réalisé à l’automne 2014 au Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire, des ateliers de groupe destinés aux parents d’accueil ont été offerts. Quatre rencontres d’environ une heure chacune ont réuni une dizaine de parents d’accueil pour cette expérimentation auprès de deux groupes. Ces ateliers visaient le développement d’habiletés parentales, la communication entre les parents d’accueil et les enfants placés ainsi que le développement du soutien social entre les participants. Au terme de ces ateliers, les participants ont indiqué en avoir retiré plusieurs avantages. Les familles d’accueil ont apprécié les échanges avec d’autres familles qui partagent leur réalité. Non seulement ces échanges ont permis d’aborder leurs problématiques respectives, mais ils ont aussi contribué à briser leur sentiment de solitude. En outre, elles estiment avoir acquis plusieurs stratégies et moyens pour intervenir auprès des jeunes, tout en osant de nouvelles approches auprès de ces derniers. Des ateliers combinant des notions théoriques et pratiques pourraient donc se révéler une avenue intéressante pour mieux soutenir ces familles. 

En savoir plus :

Paré-Lévesque, C. (en cours). Intervention de groupe auprès des familles d’accueil portant sur la perception des compétences parentales, le développement d’habiletés et le soutien social (essai de maîtrise). Québec : École de service social, Université Laval.

 

Question du mois : février 2015

Pour la plupart des enfants victimes d’abus physiques et sexuels, il y aura des accusations criminelles portées contre l’abuseur. 

VRAI
17 %
FAUX
83 %

Nombre de votes : 173

Réponse :

FAUX.
D’emblée, précisons que toutes les situations d’abus physiques et sexuels signalées à la Direction de la protection de la jeunesse ne font pas l’objet d’une enquête criminelle. Au Québec, ce sont les intervenants du milieu sociojudiciaire (directeur de la protection de la jeunesse, police, procureurs aux poursuites criminelles et pénales) qui décident conjointement de la décision de porter des accusations au criminel, et ce, dans le cadre de l’Entente multisectorielle relative aux enfants victimes d’abus sexuels, de mauvais traitements physiques ou d’une absence de soins menaçant leur santé physique. Lorsque ce protocole est amorcé, la proportion de situations qui mènent à des accusations criminelles demeure peu élevée.

Les résultats préliminaires d’un mémoire de maîtrise se centrant sur l’ensemble des situations d’abus physiques et sexuels soumises à une entente multisectorielle pour la période du 1er avril 2011 au 31 mars 2012 au Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire font ressortir que dans la moitié des cas (49,5 %), il n’y a aucune accusation criminelle. Ajoutons que 30,2 % des situations demeurent sans suite connue, et ce, deux ans après l’application de l’Entente multisectorielle. Cette tendance est encore plus fréquente dans les situations d’abus physiques. Enfin, on constate qu’une entente multisectorielle sur cinq (20%) donne lieu à des poursuites criminelles dans les deux années suivant son application.

Des études états-uniennes antérieures font ressortir des constats similaires : la plupart des situations examinées ne mènent pas à des accusations criminelles. Dans l’ensemble des recherches recensées, le taux d’accusations varie entre 9% et 41%. Enfin, même lorsque des accusations criminelles sont portées, il y a toujours possibilité qu’elles soient abandonnées. Ainsi, ce seraient entre 1% et 9% des situations qui franchiraient ultimement l’étape du procès.

En savoir plus :

Gauthier, Maryse. (en cours). L’Entente multisectorielle en protection de la jeunesse : trajectoire judiciaire et victimologique. Québec. École de service social, Université Laval.

 

Question du mois : janvier 2015

Les pratiques collaboratives entre les travailleuses sociales et des parents devant composer avec le premier épisode psychotique de leur jeune adulte reposent sur plusieurs composantes et notamment, sur les compétences relationnelles de ces intervenantes. 

VRAI
93 %
FAUX
7 %

Nombre de votes : 87

Réponse :

VRAI
Lors d’un premier épisode psychotique (PEP) chez un jeune adulte, ce sont bien souvent les parents qui sont sollicités pour exercer un rôle de soutien et contribuer aux interventions précoces favorisant la réadaptation et le rétablissement de la personne atteinte. Des études indiquent que de 30 à 50% des demandes d’aide lors d’un PEP seraient initiées par un membre de l’entourage du jeune adulte. En outre, l’établissement de collaborations entres les parents et travailleuses est une pratique nécessaire, mais parfois ardue. La relation entre les familles et les intervenants est marquée par des antécédents historiques qui peuvent nuire à l’établissement d’une réelle collaboration. Des documents ministériels récents (Commissaire à la santé et au bien-être, 2012; MSSS, 2005) relèvent en effet que les pratiques collaboratives avec les familles sont à un état embryonnaire.

Selon Hatfield (1994, p. 53), la collaboration signifie le partage de la définition du problème, de la prise de décision et des responsabilités concernant la décision finale, reflétant un équilibre entre les besoins de toutes les personnes engagées dans cette décision. Comme base à cette définition, se trouve le principe démocratique à l’effet que « chaque personne touchée par une décision devrait avoir une part dans le processus de prise de décision ».

Dans une étude menée auprès de 54 parents et  beaux-parents de jeunes adultes atteints d’un PEP, et ayant reçu des services d’une clinique spécialisée dans le traitement des troubles psychotiques en début d’évolution, ce sont notamment les compétences relationnelles des travailleuses sociales qui ont favorisé l’établissement d’une réelle collaboration. Ce type de compétence s’est plus particulièrement exprimé par la qualité de l’accueil, une écoute réelle, une attitude empathique et un intérêt manifeste. Plus encore, le savoir-être de ces intervenantes, de même que leur personnalité, a été au cœur de cette dimension de la collaboration.

En somme, des attitudes de soutien et d’empathie à l’endroit des membres de la famille, la reconnaissance du rôle des familles à titre de ressource indispensable et la réponse aux préoccupations des familles font partie de ces dimensions. Plus encore, le principe de réciprocité, basé sur le partage des responsabilités et du pouvoir, notamment en impliquant les familles dans les décisions prises pendant l’intervention, sont des éléments indispensables pour favoriser l’établissement d’une relation de collaboration. Les dimensions multiples incluses dans la relation de collaboration ainsi que les ingrédients essentiels à l’établissement de ce type de relation sont cohérents avec ceux du travail social puisque l’autodétermination est valorisée, les compétences des personnes sont mises de l’avant et soutenues dans leur développement, alors qu’une interaction mutuelle et réciproque est valorisée entre les travailleurs sociaux et le système client. 

En savoir plus :

Morin, Marie-Hélène. (2014). S’adapter lors du premier épisode psychotique d’un jeune adulte : perspectives nouvelles pour l’intervention familiale et les pratiques collaboratives dans le domaine social en santé mentale. Thèse de doctorat en service social. Québec : Université Laval.

 

Question du mois : décembre 2014

Les problèmes de comportement chez les enfants hébergés en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse influencent peu leur parcours de placement.

VRAI
17 %
FAUX
83 %

Nombre de votes : 127

Réponse :

FAUX
Les conséquences des troubles de comportements sérieux sont en effet plus grandes que celles généralement reconnues, puisqu’ils influencent grandement le parcours des enfants suivis en protection de la jeunesse. Selon les études recensées, la durée des placements est plus longue pour ces jeunes. De plus, la charge de s’occuper d’un enfant avec de multiples problèmes émotionnels ou comportementaux est à l’origine de nombreux changements de foyers d’accueil. Effectivement, le déplacement d’une famille d’accueil à une autre et d’une famille d’accueil à un foyer de groupe serait plus fréquent pour les jeunes présentant ce type de problématique. Outre la durée et l’instabilité des placements en milieu substitut, s’ajoutent les difficultés relationnelles, scolaires et sociales. À cet égard, des données de recherches mettent en évidence le fait que ces jeunes auraient de moins bonnes compétences sociales, des difficultés sur le plan du contrôle de soi, de la gestion de la colère et de l’agressivité, ainsi que des sentiments de désespoir, de dépression et de faible estime de soi. De plus, les agents sociaux qui exercent habituellement un contrôle important sur les enfants et leur éducation, soit la famille et l’école, ont de la difficulté à le faire dans le contexte des problèmes multiples que présentent les jeunes ayant des problèmes de comportement.
Plusieurs recensions des écrits et des méta-analyses soulignent l’efficacité des programmes d’intervention d’entraînement aux habiletés sociales pour contrer les problèmes de comportement chez les enfants, plus particulièrement selon une modalité d’intervention de groupe. Ce type d’intervention a été expérimenté et évalué dans le cadre d’un projet d’intervention auprès des jeunes des foyers de groupe petits du Centre jeunesse de Québec-Institut universitaire. Les résultats démontrent que des effets positifs ont pu être notés sur le plan de la socialisation chez les participants ayant participé à l’intervention. Ces jeunes ont également démontré une bonne rétention des éléments enseignés sur la gestion des émotions et la résolution de problème. Bien que l’étude témoigne de résultats prometteurs, il est reconnu qu’une simple modalité d’intervention ne démontre pas une efficacité aussi percutante qu’une intervention multisystémique. Ainsi, il s’avère essentiel d’encourager la généralisation des apprentissages dans les divers milieux que côtoient les jeunes et de coupler une telle intervention de groupe à des interventions complémentaires auprès des parents (ex. : axées sur les habiletés parentales) et de développer le partenariat avec les écoles.

En savoir plus :

Dubé, Marilyn. (2014). Groupe d’habiletés sociales auprès d’enfants hébergés en foyers de groupe-petits au Centre jeunesse de Québec-Institut universitaire (essai de maîtrise). Québec. École de service social, Université Laval.
Châteauneuf, D. (2013). Les foyers de groupe destinés aux 9-13 ans. Portrait des jeunes et des pratiques. Québec, Québec: Centre jeunesse de Québec - Institut universitaire.

 

Question du mois : novembre 2014

Les pères gais sont confrontés à des obstacles spécifiques liés à leurs identités homosexuelle et paternelle.

VRAI
79 %
FAUX
21 %

Nombre de votes : 111

Réponse :

VRAI

Les pères gais sont confrontés à certains obstacles qui influencent leurs expériences conjugales et familiales. En voici trois exemples :

  1. Les valeurs hétérosexistes qui dénigrent et stigmatisent l’homosexualité. Malgré la reconnaissance sociale et l’ouverture grandissante de la population québécoise à l’égard des réalités gaies et lesbiennes, les personnes homosexuelles peuvent rencontrer ou appréhender des réactions homophobes dans différents milieux, comme le travail, la santé et les services sociaux. Cela fait en sorte qu’il peut être difficile ou délicat pour certains pères gais de dévoiler leur structure familiale, d’exprimer leurs besoins ou de demander de l’aide comme parents.
  2. Les préjugés associés à leur rôle de père en tant que donneur de soins primaires. Étant une responsabilité traditionnellement associée aux mères et aux femmes en général, les soins aux enfants dispensés par les hommes, et a fortiori les pères gais, peuvent soulever des doutes ou des inquiétudes quant à leurs compétences parentales. De fait, les pères gais peuvent ressentir une pression supplémentaire de « faire mieux » que les autres parents, pour ne pas corroborer les mythes et les préjugés associés à leurs identités homosexuelle et paternelle.
  3. Les réactions de membres de la communauté gaie par rapport à la nécessité pour les pères gais d’endosser leur rôle de parent au sein d’une communauté identitaire qui s’est longtemps dissociée des responsabilités familiales. Rappelons que la reconnaissance légale des couples de même sexe et des familles homoparentales est récente, puisque ce n’est qu’en 2002 que l’homoparentalité est reconnue par l’État québécois en vertu de la Loi sur l’union civile et les nouvelles règles de filiation, tandis que le mariage civil (2005) est accessible depuis moins de dix ans au Canada. Bien que ces réactions s’amenuisent progressivement en regard du nombre croissant de pères gais au Québec, les modèles et les services disponibles à leur intention demeurent peu nombreux.
En savoir plus :

Lavoie, K., Saint-Jacques, M.-C. & Greenbaum, M. (en cours). Placard et paternité : parcours de vie de pères gais ayant ou non dévoilé leur orientation sexuelle à leurs enfants. Recherche en partenariat : ARUC – Séparation parentale, recomposition familiale et Coalition des familles LGBT du Québec.

 

Question du mois : octobre 2014

Les jeunes ayant vécu un placement à majorité maintiennent généralement des liens avec leur famille d’accueil. 

VRAI
79 %
FAUX
22 %

Nombre de votes : 200

Réponse :

VRAI

Les études portant sur l’affiliation familiale des jeunes adultes ayant été hébergés en famille d’accueil jusqu’à leur majorité varient considérablement et demeurent limitées. Selon les études, entre 25% et 66% des jeunes maintiennent des liens avec leur famille d’accueil après la fin du placement. Si pour certains ces liens se limitent à des contacts sporadiques, pour d’autres, la famille d’accueil constitue la principale famille d’appartenance. Ils l’incluent alors dans leur conception de la famille et se sentent aimés, soutenus, traités équitablement et membres à part entière de cette famille.

À la sortie des services, les jeunes issus des centres jeunesse sont susceptibles de rencontrer plus de difficultés, tant sur le plan personnel que social. Leur vulnérabilité accentue leur besoin d’appartenir à un réseau familial soutenant. Les liens avec la famille d’accueil et d’origine peuvent jouer un rôle important lors du passage à la vie adulte. Le soutien reçu permet alors aux jeunes de mieux composer avec les nombreux changements et défis associés à cette étape charnière. Par conséquent, plusieurs études insistent sur la pertinence d’orienter davantage les interventions vers le développement du réseau familial des jeunes en vue de cette transition.

Une étude est en cours afin de documenter l’évolution des liens familiaux dans les premières années suivant la fin d’un placement à majorité. Elle tentera de répondre à ces questions : 1) Quelles sont les personnes composant le réseau familial des jeunes dans les premières années suivant la fin de leur placement? 2) Quelle est la qualité des liens familiaux entretenus par les jeunes? 3) Quel est le soutien émergeant des liens familiaux? 4) Quels facteurs influencent le maintien ou non des liens avec la famille d’origine et d’accueil? Les connaissances devraient offrir un meilleur éclairage sur la réalité et les besoins de ces jeunes, tout en menant à des pistes d’intervention facilitant leur transition.

En savoir plus :

Fournier, Vanessa. (en cours). Évolution des liens familiaux dans les premières années suivant la fin d'un placement à majorité en famille d'accueil. Mémoire de maîtrise en service social. Québec : Université Laval.

 

Question du mois: septembre 2014

Une vie sexuelle satisfaisante est un facteur de protection ayant une influence limitée sur le renforcement et la vitalité du couple.

VRAI
58 %
FAUX
42 %

Nombre de votes : 179

Réponse :

VRAI

Des études ont démontré que l’apport positif de la sexualité à la vie conjugale est plutôt modeste (15 à 20%). Par contre, une difficulté sexuelle contribue négativement et fortement à la dégradation de la relation, principalement pour les couples nouvellement formés. Les difficultés sexuelles peuvent entraîner des conséquences pour chacun des conjoints (santé mentale et physique, estime de soi, capacité à créer et maintenir des relations intimes, etc.), allant des problèmes de santé mentale et physique jusqu’à la difficulté à créer et à maintenir des relations intimes. Ces difficultés pourront aussi atteindre l’estime personnelle des partenaires ou même mener à la séparation du couple.  

Trois sphères sont considérées pour bien comprendre le fonctionnement conjugal : l’engagement, l’intimité et la passion, cette dernière incluant d’ailleurs la vie sexuelle. Selon certains auteurs, la passion servirait à « cimente[r] l’union temporairement, jusqu’à ce que les dispositifs d’engagement et d’intimité se mettent en place pour soutenir la relation ». Dans un tel modèle, la passion est associée au désir sexuel et péricliterait avec les mois ou les années, à mesure que le couple acquiert des responsabilités, notamment sur le plan familial.

Pour d’autres auteurs, le « succès » de la vie conjugale pourrait être compromis en raison des difficultés liées aux expériences personnelles de chacun : un style d’attachement anxieux, ambivalent ou évitant, des difficultés à établir des frontières saines, etc. Ainsi, non seulement la sexualité ne réussit pas à aider ces couples à perdurer, mais elle serait utilisée comme un « terrain », voire une « zone de guerre » pour l’expression des difficultés personnelles.

Enfin, une troisième explication, plus sociologique, rappelle le caractère tabou de la sexualité. Puisqu’il n’est pas toujours aisé d’en parler, on peut émettre l’hypothèse qu’un couple ayant une sexualité épanouie en parlera peu, ce qui ne l’aidera pas à la cultiver à titre de facteur de protection. À l’inverse, lorsque la sexualité commence à devenir plus problématique, il deviendrait tout aussi difficile de l’aborder. En somme, l’intervention destinée aux couples présentant des difficultés sexuelles doit tenir compte de l’ensemble de ces dimensions.

En savoir plus :

Guillemet, C. (en cours). Les problématiques sexuelles chez les couples (essai de maitrise). Québec. École de service social, Université Laval. 

 

Question du mois : été 2014

Un comportement parental aliénant est généralement une condition suffisante pour conclure à la présence d’aliénation parentale dans une situation familiale.

VRAI
25 %
FAUX
75 %

Nombre de votes : 138

Réponse :

FAUX

Selon les études, l’aliénation parentale (AP) est un phénomène peu fréquent. Parmi des situations familiales où l’enfant est exposé à des conflits intenses entre ses parents, des experts estiment qu’environ une sur 10 pourrait être qualifiée d’AP ou comme comportant un risque sérieux d’AP. Il convient de faire la distinction entre les notions d’AP et de comportement parental aliénant.

L’AP est une dynamique familiale dans laquelle un enfant rejette l’un de ses parents, de façon injustifiée et sous l’influence de l’autre parent. Par leurs attitudes et leurs comportements, chaque membre de la famille peut participer à cette dynamique à travers leurs interactions.

  • Le parent dit aliénant est celui qui influence l’enfant, de façon plus ou moins directe et explicite, à rejeter son autre parent.
  • L’enfant aliéné contribue à la dynamique par sa réponse affective et comportementale face aux comportements de ses parents. Des comportements qui traduisent une forte affinité ou une alliance avec le parent aliéné et un éloignement ou un rejet de l’autre parent peuvent être observés.
  • Le parent rejeté est la cible de ce rejet et peut, par son propre comportement, y contribuer. Sans vouloir véhiculer une image négative de celui-ci, une relation parent-enfant déjà fragile au départ est plus vulnérable aux tentatives d’AP.

Les comportements parentaux aliénants ont pour but ou pour effet d’augmenter la probabilité qu’un enfant s’éloigne de son autre parent, ou qu’il le rejette. Aussi, les deux parents peuvent avoir recours à ce type de comportements, à différents niveaux d’intensité (ex. parler contre le parent visé à / devant l’enfant).

Bien que ces comportements soient des indicateurs importants d’une dynamique d’AP ou d’un risque d’AP, ils n’aboutissent pas nécessairement à l’AP. Deux conditions doivent être rencontrées afin de conclure à la présence d’AP :

  1. Des comportements d’exclusion. De façon injustifiée, le parent fait usage de comportements aliénants de manière à exclure l’autre parent et à forcer l’enfant à choisir l’un de ses deux parents.
  2. Une détérioration importante de la relation parent-enfant. L’enfant peut se mettre à refuser de voir l’autre parent et afficher une absence d’estime ou d’attachement à son endroit.

Attention! La deuxième condition doit tenir compte de l’âge et du stade de développement de l’enfant et être appliquée avec plus de souplesse au moment d’évaluer la présence d’AP. En bas âge, la condition des comportements d’exclusion devient alors prépondérante.

En savoir plus :

*** Une trousse visant à soutenir les intervenants dans l'évaluation du risque d'AP a été produite. Elle peut être téléchargée gratuitement sur Internet :
Lachance, V. & Gagné, M.-H. (2014). Trousse de soutien à l’évaluation du risque d’aliénation parentale.
Québec : Université Laval.

 

Question du mois : mai 2014

La majorité des parents qui se séparent vivent un conflit sévère.

VRAI
24 %
FAUX
76 %

Nombre de votes : 181

Réponse :

Faux

Depuis les années 1990, dans la littérature scientifique, on observe un intérêt croissant pour les familles séparées vivant un conflit sévère, mais elles ne constituent pourtant pas la majorité des séparations parentales. Selon les recherches, la proportion des couples se séparant en situation de conflit sévère varie de 5% à 20%. Il n’est pas surprenant d’observer une telle variation dans la mesure où le concept de conflit sévère est mal défini et qu’il réfère à des situations fort différentes (ex : violence conjugale, aliénation parentale).

L’impression que ces situations sont beaucoup plus fréquentes qu’auparavant s’explique de différentes manières. D’abord, le portrait des familles a évolué au cours des trente dernières années, tant au Québec qu’au Canada; le taux de séparation ayant augmenté de façon importante dans les années 1980, il s’est ensuite stabilisé au début de la décennie suivante. L’augmentation du nombre de séparations parentales aurait été accompagnée d’une plus forte proportion de situations où les parents se séparent en contexte de conflits sévères. Par exemple, des études avancent que les pères sont maintenant davantage impliqués auprès des enfants et que lors de la séparation, ils souhaitent poursuivre leur engagement auprès d’eux, ce qui générerait une source de conflits pour la garde de l’enfant. L’utilisation de la notion de conflit sévère est aussi de plus en plus utilisée dans les milieux juridiques.

Enfin, les intervenants et les avocats affirment que leur travail auprès des parents séparés vivant un conflit sévère présente de nombreux défis, notamment en raison des fausses allégations de mauvais traitements de part et d’autre, du risque pour les professionnels d’être impliqués dans le conflit parental et de la difficulté à évaluer les impacts du conflit sur l’enfant. Ils doivent donc mobiliser des ressources importantes et une énergie considérable pour intervenir auprès d’un pourcentage relativement restreint de leur clientèle.

En savoir plus :

Turbide, C. (en cours).Parcours des familles suivies en centre jeunesse pour mauvais traitements psychologiques en raison d'une séparation parentale marquée par un conflit sévère.(Thèse de doctorat en service social). Québec : Université Laval.

 

Question du mois : avril 2014

Dans l’exercice de ses fonctions, le personnel scolaire est porté à signaler automatiquement tout indice de maltraitance, surtout lorsqu’il concerne les enfants de groupes culturels minoritaires.

VRAI
42 %
FAUX
58 %

Nombre de votes : 149

Réponse :

FAUX

En vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse, le personnel enseignant et non enseignant doit, dans l’exercice de ses fonctions, signaler les situations qui risquent de compromettre la sécurité ou le développement des enfants. Toutefois, une récente étude qualitative réalisée auprès du personnel en milieu scolaire permet d’affirmer que la simple reconnaissance d’indices de maltraitance ne suffit pas pour décider de faire un signalement à la DPJ, et ce, autant dans les situations qui impliquent les enfants de groupes culturels minoritaires que dans celles impliquant des enfants du groupe culturel majoritaire. En fait, les résultats indiquent que la prise de décision est rarement exempte d’incertitude. Pour prendre une décision en présence d’incertitude, le personnel scolaire s’assure d’une part de confirmer qu’une situation de maltraitance est bel et bien à l’origine des indices observés et d’autre part, il doit juger à la lumière de ces indices si la situation est matière à signalement. Donc, le personnel scolaire n’est pas porté à signaler automatiquement tout indice de maltraitance qu’il observe, et ce, peu importe l’appartenance culturelle de l’enfant impliqué dans la situation.

Par ailleurs, l’étude montre que lorsque le personnel scolaire fait face à la diversité cultuelle, des formes supplémentaires d’incertitude semblent s’infiltrer dans la prise de décision. En effet, il s’interroge sur les différences culturelles comme explications potentielles et il cherche à valider ces explications, notamment en consultant des personnes détenant une expertise pertinente. Trois principales tendances qui pourraient influencer la décision ont été discernées :

  1. certaines personnes semblent évaluer moins sévèrement des situations qui comportent une explication culturelle et seraient ainsi moins enclines à les signaler;
  2. pour d’autres, si des indices de maltraitance sont confirmés, peu importe qu’il y ait ou non une explication culturelle, elles auraient tendance à les signaler;
  3. pour plusieurs, elles éprouvent une forme de contradiction se traduisant par une tendance davantage teintée d’incertitude: « Si l’explication est normale dans leur culture et non dans la mienne, dois-je tout de même signaler? ».

En somme, l’étude permet de comprendre qu’il existe diverses tendances susceptibles d’orienter la prise de décision de signaler les situations de maltraitance envers les enfants de groupes culturels minoritaires et qu’il existe aussi des tendances qui pourraient influencer la décision de ne pas les signaler

Cette étude qualitative a été menée auprès de 21 membres du personnel scolaire dans neuf écoles primaires desservant une clientèle culturellement diversifiée. Il s’agit d’une étude doctorale ayant pour but de comprendre de quelles façons le personnel scolaire prend des décisions de signaler, en particulier lorsqu’elles concernent des enfants de groupes culturels minoritaires.

En savoir plus :

 

Question du mois : mars 2014

La moitié des jeunes de 14 à 21 ans issus de la diversité sexuelle subissent de l’intimidation.

VRAI
80 %
FAUX
20 %

Nombre de votes : 157

Réponse :

VRAI

Une vaste enquête menée auprès de 259 jeunes de la diversité sexuelle rapporte que la moitié d’entre eux ont été victimes d’intimidation en raison de leur orientation sexuelle présumée ou affirmée. Dirigée par le professeur et chercheur Michel Dorais* et soutenue financièrement par le Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire, l’étude révèle que cette intimidation est environ 5 fois plus élevée que chez les autres jeunes, et que 9 fois sur 10, c’est à l’école que cela se produit ou débute. Les propos haineux, les atteintes à la réputation ainsi que les menaces et les violences sont les formes d’intimidation les plus courantes pour ces jeunes. Malgré qu’elle soit l’hôte de cette intimidation, l’école ne prendrait pas toujours les moyens nécessaires pour combattre l’homophobie qui règne en ses murs. En effet, le tiers des jeunes intimidés n’a jamais entendu parler d’homosexualité à l’école autrement que négativement. Malgré que l’école développe des programmes pour contrer l’intimidation, elle ne ciblerait pas toujours spécifiquement l’homophobie (alors que l’intimidation à teneur homophobe serait la plus fréquente).

Si plus de la moitié des jeunes interrogés ont connu un ou plusieurs épisodes dépressifs en lien avec leur orientation sexuelle, les données avancées par Michel Dorais et son équipe font état d’une réalité encore plus inquiétante : 22% ont fait une ou plusieurs tentatives de suicide. Précisons que dans la population générale, pour le même groupe d’âge, cette proportion oscille entre 3% et 5%. Quant à ceux qui ont été victimes d’intimidation, les données sont très préoccupantes : 75% d’entre eux ont songé au suicide et le tiers est passé à l’acte, en commettant au moins une tentative de suicide.

Que peut-on y faire? De l’avis des jeunes interrogés, le sexisme, l’homophobie et la diversité doivent être des thèmes plus et mieux abordés à l’école. Une offre de services mieux adaptée à leurs besoins ainsi qu’une plus grande présence de modèles adultes issus de la diversité sexuelle font partie des recommandations avancées par les participants.

* Le mercredi 19 mars 2014, dès 17h30 à la Coop Zone de l’Université Laval, venez rencontrer monsieur Michel Dorais et sa coauteure Annie Vaillancourt lors du lancement de leur livre « De la honte à la fierté : 250 jeunes de la diversité sexuelle se révèlent ». Pour plus de détails, consultez l'invitation officielle.

En savoir plus :

 

Question du mois : février 2014

La très grande majorité des Québécois croit que les couples se séparent trop facilement.

 

VRAI
84 %
FAUX
16 %

Nombre de votes : 188

Réponse :

VRAI

En effet, 87% des Québécois pensent que de nos jours, les couples se séparent trop facilement. C’est ce que révèle un sondage Web conçu par des chercheurs du JEFAR et administré par la firme Léger entre le 26 février et le 11 mars 2013 auprès d'un échantillon non probabiliste mais représentatif des Québécois et Québécoises âgés de 18 ans et plus (N = 1202). Ce sondage visait à connaître l’opinion de la population à l’égard de différentes thématiques touchant les familles séparées et recomposées. 

Selon ce sondage, 73% des répondants croient que ce n’est pas la séparation qui est difficile pour les enfants, mais le conflit entre les parents, ce que confirment notamment les connaissances disponibles sur l’adaptation des jeunes aux transitions familiales. Par ailleurs, 60% des répondants pensent que la séparation est généralement la meilleure solution lorsque les couples n’arrivent pas à régler leurs difficultés. Sur d’autres dimensions, l’opinion des Québécois quant à la séparation des parents et à la recomposition familiale est partagée. En effet, la moitié d’entre eux croit que les parents se remettent avec un nouveau conjoint trop rapidement et qu’ils sont en conflit pendant plusieurs années avec leur ex-conjoint. De plus, pratiquement la même proportion des répondants sont d’accord (44%) avec le fait de dire que les enfants dont les parents se séparent en subiront les conséquences négatives toute leur vie, alors que 49% sont en désaccord avec cet énoncé.

Enfin, les Québécois estiment qu’idéalement, les enfants d’un couple séparé devraient vivre en garde partagée. Par contre, la majorité des répondants (61%) affirment que les enfants de moins de deux ans devraient vivre principalement avec leur mère. Les personnes plus âgées (65 ans et plus) sont plus nombreuses à croire que les enfants de tous les âges devraient surtout vivre avec leur mère. 

En savoir plus :

Saint-Jacques, M.-C., Godbout, É., Turcotte, D. et al. (2013). Étude de l'opinion des Québécoises et des Québécois à l'endroit des familles séparées et recomposées. Québec : Université Laval.

Saint-Jacques, M.-C., Parent, C., Drapeau, S., Rousseau, M.E., Godbout, E., Fortin, M-C., Kourgiantakis, T. (2010). Conséquences, facteurs de risque et de protection pour les familles recomposée : synthèse de la documentation. Ressources humaines et Développement des compétences Canada. Direction de la recherche en politiques

 

Question du mois : janvier 2014

Les jeunes femmes qui s’inscrivent dans une démarche de raccrochage scolaire à la formation générale des adultes montrent un degré plus élevé d’engagement identitaire que les jeunes femmes universitaires.

VRAI
72 %
FAUX
28 %

Nombre de votes : 127

Réponse :

VRAI
Le développement identitaire constitue une tâche psychosociale particulièrement déterminante lors du passage à la vie adulte. L’identité peut se mesurer en appréciant, de manière quantitative, le niveau d’exploration et d’engagement d’un individu. Alors que l’exploration reflète le processus de remise en question et d’évaluation des différentes options quant aux rôles sociaux et aux choix de vie, l’engagement, pour sa part, renvoie à la capacité de l’individu à se fixer sur une vision de lui-même et s’investir dans ses choix.

Les résultats d’un mémoire de maîtrise montrent que les jeunes femmes (18-25 ans) qui poursuivent une démarche de raccrochage scolaire à la formation générale des adultes s’inscrivent davantage dans une trajectoire de vie précise que les jeunes femmes universitaires. Or, bien que plusieurs auteurs s’entendent pour dire que cette période critique du passage de l’adolescence vers la vie adulte soit propice aux explorations identitaires, il appert qu’un nombre important de jeunes femmes raccrocheuses ont esquivé cette phase développementale pour s’inscrire très tôt dans un itinéraire déjà tracé. Deux hypothèses peuvent être envisagées pour comprendre ce résultat. D’une part, les résultats préliminaires de l’étude invitent à considérer le rôle protecteur de l’engagement. En fait, cet engagement identitaire précoce pourrait avoir un impact positif sur la capacité des jeunes femmes, présentant un parcours souvent vulnérabilisant, à retourner sur les bancs d’école et à se donner une « deuxième chance ». En outre, les contextes éducatifs (les centres d’éducation aux adultes et les universités) n’offrent pas forcément les mêmes opportunités d’exploration. D’autre part, les écrits indiquent qu’un développement identitaire optimal est d’autant plus envisageable lorsque l’engagement est précédé d’une période d’exploration saine. En ce sens, il est permis de se questionner quant à l’adaptation psychosociale et scolaire de ces jeunes femmes raccrocheuses qui semblent s’être engagées, de manière anticipée, dans une vision prédéterminée d’elles-mêmes et de leur avenir.

En savoir plus :

Lévesque, G., & Marcotte, J. (en cours). Liens entre l’identité, l’adaptation psychosociale et l’implication scolaire de jeunes femmes raccrocheuses et universitaires : deux contextes éducatifs, deux réalités distinctes? (Mémoire de maitrise). Québec : Université du Québec à Trois-Rivières.

Marcotte, J., & Ringuette, D. (2011). Étude exploratoire des liens entre l’identité et l’implication scolaire des jeunes de 18 à 24 ans en formation générale des adultes. Revue de Psychoéducation, 40(2), 241-260. 

 

Question du mois : décembre 2013

La violence communautaire peut impliquer les membres de la famille de la victime.

VRAI
91 %
FAUX
9 %

Nombre de votes : 114

Réponse :

Faux

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) regroupe les différents types de violence en trois grandes catégories : (1) la violence auto-infligée (gestes suicidaires et parasuicidaires); (2) la violence interpersonnelle survenant en contexte d’intimité (famille ou couple) ou dans la communauté; (3) la violence collective (sociale, politique ou économique). Selon cette définition, la violence communautaire est donc une forme de violence interpersonnelle commise par des étrangers ou des connaissances autres que les membres de la famille ou le partenaire amoureux (ex. des amis, des camarades de classe). La violence communautaire se présente sous trois formes différentes : physique, psychologique et sexuelle. Alors que la violence physique inclut des manifestations telles que les voies de fait ou les tentatives de voies de fait, la violence psychologique illustre une réalité communautaire empreinte de violence interpersonnelle et d’intolérance face à une caractéristique particulière de la victime. Pour sa part,  la violence  sexuelle se traduit par des manifestations de violence impliquant un geste à caractère sexuel, qu’il s’agisse d’exhibitionnisme, de harcèlement ou d’agression.

Une récente étude a tenté de décrire le phénomène de la violence communautaire chez les jeunes âgés de 6 à 17 ans, et ce, à partir de l’analyse de données recueillies lors de deux enquêtes populationnelles sur la polyvictimisation des jeunes québécois (2009; 2011). Les résultats obtenus montrent que, tant pour les enfants que pour les adolescents, l’agresseur est généralement une personne connue et âgée de moins 18 ans. Cette personne peut être un ami ou un autre enfant du voisinage ou de l’école. La plupart du temps, il s’agit d’un agresseur unique, d’incidents isolés ou peu fréquents, et qui n’entraînent pas de blessures physiques. La violence physique est la forme de violence communautaire la plus rapportée pour les deux groupes d’âge à l’étude (6-11 ans et 12-17 ans). Aussi, les résultats tendent à montrer que la violence communautaire serait plus présente chez les adolescents que chez les enfants.

En savoir plus :

Dubé, C., Gagné, M.-H., Clément, M.-È., Chamberland, C., & Cyr, K. (accepté). La violence communautaire : Portrait des jeunes Québécois. Criminologie, 47(1).

Dubé, C. (en cours). Violence communautaire et problèmes associés chez les enfants et les adolescents québécois. Thèse de doctorat. Québec : Université Laval. Document inédit.

 

Question du mois : novembre 2013

En protection de la jeunesse, pour favoriser l’implication parentale dans les situations de judiciarisation, il est recommandé d’adopter une approche directive et de recadrer fréquemment les parents lorsqu’ils ne souscrivent pas à l’approche attendue auprès de leur enfant.

VRAI
51 %
FAUX
49 %

Nombre de votes : 144

Réponse :

FAUX

Dans le cadre d’un mémoire de maîtrise effectué sur la perception des intervenants en protection de la jeunesse quant aux effets de la judiciarisation sur l’implication parentale, il ressort que certaines pratiques peuvent favoriser l’implication des parents. En effet, les résultats de cette recherche exploratoire menée auprès d’une dizaine d’intervenants à l’application des mesures appuient le fait qu’au-delà des difficultés et des résistances des parents, certaines pratiques peuvent favoriser leur implication et leur mise en action.

Pour plusieurs, la création d’un lien de confiance avec le parent est une première étape essentielle, voire incontournable. Le parent doit être suffisamment à l’aise pour sentir qu’il a son mot à dire, qu’il est écouté. À l’inverse, être trop directif pourrait alimenter les résistances et embrouiller la création de ce lien. En outre, bien dosé, l’humour peut aussi être utilisé pour tenter d’impliquer les parents, et ce, malgré que ce ne soit ni une pratique courante, ni une pratique pouvant s’appliquer à l’ensemble des situations. En fait, des participants disent l’utiliser pour rassurer le parent, diminuer la tension ou encore, comme outil d’entrée en matière afin de réduire le sentiment de confrontation.

Impliquer le parent, c’est également l’informer clairement sur les faits reprochés ou encore, sur ce qui est attendu de lui. Pour des intervenants, cette étape permet de donner du pouvoir au parent tout en lui offrant les outils nécessaires à son implication et aux prises de décisions libres et éclairées. Se centrer sur les besoins du parent et faire une rétroaction quant à la situation vécue au tribunal s’avèrent être des pratiques pouvant soutenir l’implication parentale.

En savoir plus :

Pleau, Alexandre. (2013). Les effets de la judiciarisation sur l’implication parentale en protection de la jeunesse. Perception des intervenants. Mémoire de maîtrise. Québec : Université Laval. Document inédit.

 

Question du mois : Octobre 2013

Le maintien des contacts avec la famille d’origine nuit à l’adaptation des enfants lors du placement à majorité en famille d’accueil.

VRAI
15 %
FAUX
85 %

Nombre de votes : 184

Réponse :

Faux

Des études indiquent que parmi les facteurs favorisant l’adaptation des enfants au moment du placement, le maintien des contacts avec la famille d’origine est important. De plus, l’exercice d’une complémentarité parentale entre les familles d’origine et d’accueil favoriserait aussi l’adaptation des jeunes. Les auteurs reconnaissent généralement que le maintien des liens avec la famille d’origine permet à l’enfant d’avoir une vision plus juste de qui sont ses parents et des limites de ces derniers. Arrivé à l’âge adulte, le jeune sera ainsi plus apte à décider dans quelle mesure il souhaite maintenir ou non des contacts avec sa famille d’origine. On estime aussi que ce maintien des liens représente une forme, même minimale, de réseau de soutien pour les jeunes lorsqu’ils quittent leur famille d’accueil, une fois l’âge de la majorité atteint. Notons toutefois que dans un contexte de placement, différents obstacles peuvent entraver le maintien et la création des liens tels que les caractéristiques de l’enfant, de sa famille d’origine ou de sa famille d’accueil. Pour permettre aux jeunes de profiter pleinement d’une mesure de placement, il est donc essentiel d’étudier ce qui les incite à inclure ou exclure des personnes de leur réseau familial.

Dans ce contexte, une récente étude exploratoire s’est intéressée à la perception des liens d’affiliation chez douze jeunes adultes ayant été hébergés en famille d’accueil jusqu’à majorité. L’étude visait, entre autres, à mieux comprendre la place qu’occupent dans la vie des jeunes leurs familles d’origine et d’accueil. Bien que ces résultats ne puissent s’appliquer à l’ensemble des jeunes, les connaissances générées ont permis de mieux comprendre comment se maintiennent, se tissent, s’effritent ou se brisent les liens familiaux chez ceux qui ont vécu une expérience de placement jusqu’à majorité. Ces connaissances sont importantes pour cibler les facteurs permettant d’éviter la perte du soutien social et ainsi favoriser une meilleure insertion sociale de ces jeunes à l’âge adulte.

En savoir plus :

Parent, C., Labonté, M.-H., Saint-Jacques, M.-C., Ouellette, F.-R., Drapeau, S., Simard, M.-C., & Fortin, M.-C. (2013, inédit). Familles d’accueil, familles d’origine : liens complémentaires ou rivaux, projet pilote. Rapport de recherche. Québec : Centre de recherche JEFAR, Université Laval.

 

Question du mois : septembre 2013

Pour favoriser la responsabilisation des adolescents ayant un comportement sexuel problématique, il est préférable de ne pas impliquer leurs parents dans l’intervention.

VRAI
19 %
FAUX
81 %

Nombre de votes : 163

Réponse :

FAUX
Pour les parents, le dévoilement d’un comportement sexuel problématique (CPS)[1] manifesté par leur adolescent constitue une situation choquante et surprenante, provoquant désarroi et incompréhension. À ce jour, peu d’études ont été réalisées sur les besoins et les attentes des parents qui vivent une telle situation. La plupart du temps, ils ne considèrent pas leur implication comme étant nécessaire et souhaitent surtout obtenir l’aide d’un professionnel pour être informés sur la façon de gérer la situation et les démarches à entreprendre (intervention, procédures judiciaires, services de protection de la jeunesse) auprès de leur adolescent. Pour eux, la responsabilité du changement incombe surtout aux aidants professionnels.

Les récentes études empiriques confirment pourtant l’importance d’impliquer les parents dans l’intervention auprès d’adolescents présentant un CSP. D’ailleurs, leur implication dans l’intervention est un élément associé à l’efficacité des programmes disponibles. Le processus d’intervention doit permettre aux parents de développer leurs habiletés parentales, d’améliorer leur relation avec leur ado et d’instaurer un environnement sécuritaire. Pour faciliter l’application des stratégies apprises durant l’intervention, ils peuvent aussi remplir un rôle de soutien auprès de leur jeune. De plus, cela permet de réduire les facteurs de risque présents au sein de la famille et de l’entourage du jeune, maximiser les effets de l’intervention et assurer une surveillance à long terme du jeune. L’intervention familiale offre notamment à chaque membre de la famille de prendre conscience du rôle qu’il joue dans la réhabilitation de l’adolescent. Enfin, la façon dont le dévoilement est intériorisé, le sens donné au CSP, la situation de crise et les émotions vécues, l’ampleur des dommages et les comportements de protection sont parmi les principaux facteurs identifiés comme influençant la participation des parents à un suivi thérapeutique.


[1] Un CPS est un ensemble de comportements impliquant des parties sexuelles du corps, inadéquats sur le plan développemental et pouvant causer du tort au jeune lui-même ou à autrui.

En savoir plus :

Villeneuve, M.-P. (en cours). Aidez-moi : mon garçon a commis des attouchements sexuels sur des membres de la famille. Exploration des facteurs influençant la motivation des parents dont l’enfant a manifesté un comportement sexuel problématique à participer à un suivi thérapeutique. Mémoire de maîtrise. Québec : Université Laval.

 

Question du mois : été 2013

Appliquer une approche de médiation en contexte de protection de la jeunesse est un modèle d’intervention prometteur auprès des jeunes en difficulté et de leur famille.

VRAI
86 %
FAUX
14 %

Nombre de votes : 132

Réponse :

Vrai 

La pratique de la médiation est de plus en plus répandue dans le domaine de la protection de la jeunesse. Cette « nouvelle » approche s’inspire des principes de la médiation familiale et de ses méthodes d’intervention. Elle repose sur l’identification des besoins des acteurs et le choix d’options menant à un projet d’entente équitable et satisfaisant pour toutes les parties.

L’intérêt grandissant pour ce type d’intervention a permis de recenser plusieurs évaluations d’expériences de médiation réalisées au Canada et aux États-Unis. Ces évaluations mettent en lumière des effets prometteurs sur la clientèle : une plus grande satisfaction des familles suivies par la protection de la jeunesse à l’égard des services reçus, un acroissement du niveau de collaboration entre l’intervenant et les parents ainsi qu’une amélioration de la communication. De plus, des écrits suggèrent qu’elle offre aux parents l’occasion de s’exprimer, ce qui les amène à se sentir plus écoutés, compris et respectés. Enfin, selon plusieurs auteurs, rares sont les situations traitées en médiation qui ne parviennent pas à une entente. Ces ententes surviennent également plus rapidement et sont davantage respectées que celles survenues à la suite d’une intervention plus traditionnelle.

Au cours des dernières années, trois centres jeunesse (Québec, Chaudière–Appalaches et Montérégie) se sont associés à une équipe de chercheurs pour évaluer l’expérimentation de cette approche consensuelle novatrice en protection de la jeunesse. Malgré les défis posés par le contexte d’intervention en situation d’autorité, l’étude fournit des éléments de réponse sur le plan de l’applicabilité de l’approche de médiation et sur sa capacité de mobiliser les acteurs dans un processus de changement. Globalement, les résultats obtenus sont prometteurs et concordent avec les autres études évaluatives du domaine.

En savoir plus :

Drapeau, S., Gagné, M.-H., Lessard, G., Mireault, G., Turcotte, D., Ivers, H., Lépine, R., Tremblay, J. (2012).Application et évaluation d’une approche consensuelle en contexte de protection de la jeunesse : La négociation sur intérêts. Rapport final présenté au ministère de la Santé et des Services sociaux. Équipe JEFAR, Université Laval et Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire, 182 pages.

 

Question du mois : mai 2013

Lors des conflits de séparation liés à la garde des enfants et aux droits d’accès, les juges et experts favorisent systématiquement la mère.

VRAI
29 %
FAUX
71 %

Nombre de votes : 214

Réponse :

Faux

Encore aujourd’hui, puisque les mères ont majoritairement la garde exclusive de leur enfant après une séparation, cette conception est assez courante. La question de la préférence pour la mère de la part du système de justice fait d’ailleurs l’objet de débats, voire de polémiques Toutefois, l’examen de statistiques sur les ordonnances de garde, tant au Québec qu’aux États-Unis, montre que les gardes exclusives à la mère seraient plus courantes lorsque les conjoints s’entendent par eux-mêmes que lorsque la décision est prise par le tribunal. Il est à noter qu’un juge doit trancher le litige de garde dans une faible minorité de situations seulement, soit environ 10% de tous les cas où les ex-conjoints officialisent le partage de la garde et des droits d’accès par une ordonnance de la Cour.

Une recension des recherches effectuée sur les pratiques des experts et des juges fait état d’une importante dualité entre deux courants forts qui se retrouvent en compétition : la préférence envers la mère ainsi qu’une tendance allant vers la coparentalité et la garde partagée. Le premier courant met de l’avant la préférence envers le parent de référence (souvent la mère) au nom de la stabilité de l’enfant. Cette tendance origine de la doctrine de l’âge tendre selon laquelle un jeune enfant devrait être automatiquement confié à sa mère. Cette règle a longtemps prévalu en matière de garde et semble encore aujourd’hui marquer ce champ de pratique. Quant au deuxième courant, il promeut le partage le plus équilibré possible du temps parental, et ce, bien souvent malgré la présence de conflits et de difficultés de communication marquées. Ce dernier courant aurait pris de l’ampleur au détriment du premier courant et il serait à l’origine d’un certain engouement, depuis les années 1990, envers la garde partagée remarqué tant par les juristes que par les chercheurs en sciences sociales. À titre indicatif, un récent sondage montre que la population du Québec appuie de façon très majoritaire la garde partagée à la suite d’une séparation pour les enfants âgés de plus de deux ans.

En savoir plus :

Godbout, E. (en rédaction). Les représentations sociales des juges et des experts concernant le meilleur intérêt de l’enfant dont la garde est contestée. Thèse de doctorat en cours.

Godbout, E., Parent, C., & Saint-Jacques, M.-C. (soumis). Le meilleur intérêt de l’enfant dont la garde est contestée : enjeux, contexte et pratiques .

Saint-Jacques, M.-C., E. Godbout, D. Turcotte et S. Drapeau. 2013. Opinion des Québécoises et des Québécois  à l’endroit des familles séparées et recomposées et la protection de la jeunesse, Québec, Centre de recherche JEFAR.

 

Question du mois : avril 2013

Dans les pays en développement, l’expérience démontre que la signature de la Convention internationale des droits de l’enfant ne permet pas d’améliorer les conditions de vie des enfants.

VRAI
29 %
FAUX
71 %

Nombre de votes : 134

Réponse :

Faux

Universellement signée par l’ensemble des pays (sauf la Somalie et les États-Unis), la Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée en 1989, accorde « une protection spéciale à l’enfant en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle ». Elle détermine les priorités que les États s’engagent à respecter dans les systèmes qu’ils mettent en œuvre sur leur territoire. Parmi ces priorités, se trouve l’obligation de protéger les enfants et d’apporter de l’aide aux parents. Toutefois, elle ne définit pas un système de protection de l’enfance qui devrait être appliqué internationalement.

Une recension des écrits sur le système de protection de l’enfance dans trois pays qui adhèrent aux dispositions de la Convention (Belgique, Canada [Québec], Burkina Faso) permet de voir les implications réelles de cette Convention. Dans ces trois zones, les enfants en difficulté viennent principalement de familles défavorisées. Considérant qu’au Burkina Faso, le nombre d’enfants issus de familles défavorisées est très élevé (45%), les agents de la protection de l’enfance doivent répondre à des besoins immenses avec des ressources limitées. Mais même dans les pays riches, comme le Québec et la Belgique, il y a encore, à des degrés variables, un manque de ressources pour aider les familles en difficulté.

L’application de la Convention est largement tributaire de la capacité de l’État signataire de mettre en place de réelles mesures de protection envers les enfants. Même si ces mesures apparaissent limitées dans certains pays, la Convention y constitue un outil de régulation sociale, voire comme un cadre d’interprétation de ce qui devrait être la « bonne enfance ». Dans les pays en développement comme le Burkina Faso, les ONG s’en servent aussi comme moyen de pression afin d’exiger plus d’actions de la part l’État. Ainsi, les dispositions de la Convention permettent ainsi d’exiger plus de ressources pour aider les enfants et les familles.

En savoir plus :

Wouango, J. & Turcotte, D. (en préparation). Configurations institutionnelles de la protection de l’enfance: regards croisés de l’Afrique, de l’Europe et de l’Amérique du Nord.

 

Question du mois : mars 2013

Le maintien de sentiments d'attachement entre les ex-conjoints nuit à leur collaboration coparentale.

VRAI
22 %
FAUX
78 %

Nombre de votes : 234

Réponse :

Faux

La relation coparentale qualifie la façon dont les parents travaillent, se construisent et s'organisent ensemble pour élever un enfant dont ils partagent la responsabilité. De façon générale, après la rupture entre conjoints, le maintien d'une relation coparentale coopérative et soutenante est vivement recherché. Or, la séparation des conjoints implique une dimension émotionnelle qui peut être éprouvante pour des parents. Du point de vue de la théorie de l'attachement, tout sentiment lié à la perte d'une figure d'attachement peut prendre la forme de sentiments de préoccupation (par ex : lorsque les parents n’arrivent pas à réaliser qu’ils sont séparés ou divorcés ou lorsqu’ils ont le sentiment qu’ils ne pourront jamais surmonter la séparation). Ces sentiments peuvent jouer un rôle central dans la mesure où ils sont susceptibles de déterminer le climat émotionnel dans lequel le système familial va se redéfinir à la suite d'une séparation.

Lors d'une récente étude menée auprès de 42 parents en contexte de garde partagée, le rôle de la relation d'attachement sur la relation coparentale a été examiné. Les résultats indiquent qu’il y a une relation positive entre le fait d’éprouver des sentiments d’attachement à l'égard de l’ex-partenaire et une relation coparentale soutenante. Si l'on se réfère aux données issues de la pratique clinique et de la littérature scientifique, ces résultats sont plutôt surprenants. En effet, le maintien d’une relation d’attachement, voire de sentiments de préoccupation, apparaît généralement comme l’une des principales sources de stress et d’inadaptation psychologique après la séparation. Les couples séparés qui entretiennent des rapports constructifs et soutenants ont plus rarement fait l'objet d'attention, ce qui peut expliquer pourquoi certains professionnels tendent à l'aborder dans un cadre pathologique.

En somme, les professionnels devraient reconnaître que les processus émotionnels peuvent perdurer au-delà de la séparation et des remaniements familiaux. Cela souligne l’importance d’identifier les processus affectifs pour mieux encourager les formes d’attachement qui sont fonctionnelles ainsi que travailler avec les familles engagées dans des relations d’attachement dysfonctionnelles.

En savoir plus :

Baude, A., Rouyer, V., & Zaouche Gaudron, C. (en préparation). Contextual variable, attachment relation and coparenting relationship in joint physical custody. Journal of Divorce & Remarriage.

Baude, A., & Zaouche Gaudron, C. (2012). Développement socio-affectif des enfants en résidence alternée : une approche écosystémique. Conduites intériorisées et extériorisées et qualité de vie des enfants de 4 à 12 ans en résidence alternée. Thèse de doctorat, Toulouse : Université de Toulouse 2-Le Mirail.

 

Question du mois : février 2013

Les parents des jeunes adultes soumis à une peine d’emprisonnement avec sursis jouent un rôle prépondérant dans l’amorce et le soutien au processus de désistement du crime de leur enfant.

VRAI
93 %
FAUX
7 %

Nombre de votes : 129

Réponse :

Vrai

La littérature scientifique portant sur le désistement du crime chez lescontrevenants adultesévoque souvent les cas où les personnes contrevenantes ont rompu les liens avec leur famille d’origine. Pourtant, certains parents demeurent engagés auprès de leur enfant (devenu adulte) en dépit de ses comportements criminels. En fait, la qualité relationnelle avec les parents constitue souvent l’assise qui permet l’amorce et le soutien au processus de désistement du crime pour un bon nombre de jeunes adultes.

C’est ce que révèle une recherche récente effectuée auprès d’un échantillon de 29 répondants du Québec qui ont été soumis à une peine d’emprisonnement avec sursis (emprisonnement au domicile) et qui n’ont pas récidivé depuis (la durée d’arrêt des comportements criminels varie entre 2 et 9 ans). Plusieurs répondants ont dit que leurs parents avaient été facilitants dans leur parcours de désistement du crime. Pour plusieurs, le désistement du crime est enclenché pour épargner les parents. Au départ, c’est donc pour eux que les répondants amorcent leur processus de désistement du crime. Après un certain temps, ils en viennent, progressivement, à se désister du crime pour eux-mêmes. L’un d’entre eux, par exemple, affirme que c’est par amour pour sa mère qu’il a d’abord cessé de commettre des délits et qu’il est retourné aux études. Puis, lorsqu’il a constaté qu’il reprenait le contrôle de sa vie, il a décidé de se désister pour lui-même. D’autres répondants, qui avaient complètement rompu les liens avec leurs parents en raison de la honte qu’ils ressentaient par rapport à leur trajectoire délictuelle, expriment aussi avoir été surpris de la réaction favorable de leurs parents lorsqu’ils ont manifesté le désir d’avoir de l’aide.

Si les parents jouent un rôle de premier plan dans l’amorce et le soutien du désistement du crime, il serait néanmoins hâtif de conclure que les contrevenants ne se désistent que pour leur plaire. En effet, certains répondants insistent sur le fait que ce processus est désormais le leur. Il n’y a donc pas une relation directe entre « avoir une bonne personne dans sa vie » et le désistement du crime. Il y aurait plutôt une tendance à laquelle les répondants doivent aussi adhérer. Tant qu’ils ne se désistent pas aussi pour eux-mêmes, ils demeurent dans une situation où leurs parents essaient d’inspirer le désistement du crime, mais avec un succès mitigé.

En savoir plus :

Isabelle F.-Dufour (2013). Réalisme critique et désistement du crime chez les sursitaires québécois : Appréhension des facteurs structurels, institutionnels et identitaires. Thèse de doctorat, École de service social, Québec : Université Laval.

 

Question du mois : janvier 2013

Le Québec est la province canadienne qui a le taux le plus élevé de décrochage scolaire avant l’obtention du diplôme secondaire. En revanche, le Québec est la province qui compte le plus de raccrocheurs.

VRAI
86 %
FAUX
14 %

Nombre de votes : 146

Réponse :

Vrai
 
Parmi les provinces canadiennes, le Québec affiche l’un des plus hauts taux de décrochage scolaire, mais il remporte la palme en ce qui a trait au taux de raccrochage. La contribution à la diplomation des secteurs de formation secondaire pour adultes, notamment les centres d’éducation des adultes (CEA) et les centres de formation professionnelle (CFP), s’avère être la plus importante en Amérique du Nord. Outre la contribution des CEA au raccrochage scolaire, ces milieux éducatifs accueillent chaque année leur lot de persévérants du secondaire. En effet, la loi sur l’instruction publique stipule que les élèves de 16 ans ou plus n’ayant pas de diplôme d’études secondaires peuvent passer du secteur jeune à celui adulte. En 2005-2006, on estimait qu’environ un jeune de 16 à 18 ans sur six passait directement au secteur adulte pour combler des retards académiques, obtenir un premier diplôme et, pour plusieurs, éviter le décrochage. La popularité des CEA auprès des Québécois ne se dément pas : l’effectif est en croissance constante (158 793 élèves en 2005-2006) et plus de la moitié est composée de jeunes de moins de 25 ans. De ce nombre, 66% des élèves sont âgés de 16 et 19 ans. Ce portrait d’effectif contraste fortement avec les données de 1984-1985 où l’on comptait environ 1,3% de jeunes de moins de 20 ans inscrits aux CEA.

En savoir plus :

J. Marcotte, M.-H. Lachance et G. Lévesque. Pleins feux sur la persévérance et le raccrochage. Revue Canadienne de l’éducation. 34, 4 (2011): 135-157.

 

Question du mois : décembre 2012

Même avec de bonnes pratiques parentales de supervision, d'établissement de limites et de contrôle, les parents ont peu d’influence sur les comportements sexuels de leur adolescent.

VRAI
28 %
FAUX
72 %

Nombre de votes : 237

Réponse :

Faux

Au cours des dernières années, plusieurs études ont démontré que des facteurs démographiques, individuels, interpersonnels et contextuels interviennent dans la sexualité et les comportements des adolescents. Certains auteurs postulent ainsi que les problèmes de comportement s’acquièrent dans les groupes d’amis où s’opère un entraînement à la déviance (modèle de socialisation). D’autres posent plutôt l’hypothèse que les jeunes ayant des problèmes de comportement s’affilient les uns aux autres et que les comportements à risque font partie de ce processus de sélection des amis (modèle de sélection).

Dans une étude récente, des chercheurs se sont intéressés à l’émergence de la sexualité auprès d’adolescents de secondaire II à IV en provenance de contextes géographiques différents (Québec et Italie). Les pratiques parentales (i.e. supervision, contrôle, établissement de limites), les problèmes de comportement et la déviance des amis (i.e. comportements antisociaux, usage de substances psychotropes) ont été utilisés pour prédire l’utilisation systématique du condom et le nombre de partenaires sexuels. Les résultats démontrent que les bonnes pratiques parentalesexercent une influence sur les pratiques sexuelles des adolescents et, par conséquent, sur l’émergence ou non de comportements sexuels à risque (usage du condom et nombre de partenaires sexuels). Sur ce plan, il n’y a pas de différence entre les adolescents québécois et italiens. Plus spécifiquement, des pratiques parentales adéquates (i.e. supervision, contrôle, établissement de limites) influencent le type d’amis fréquentés et les comportements des adolescents, qui, en retour, utilisent mieux le condom. Les jeunes dont les parents ont de bonnes pratiques ont également moins de partenaires sexuels deux ans plus tard.

Ces résultats suggèrent que les programmes de prévention des infections transmises sexuellement (ITS) et des grossesses imprévues à l’adolescence devraient être orientés vers trois cibles : les adolescents, les parents et les groupes d’amis. Les programmes d’intervention visant à outiller les jeunes à résister à la pression des pairs sont recommandés tout comme ceux destinés à améliorer les pratiques parentales.

En savoir plus :

Pour en savoir plus : Marie-Aude Boislard P., François Poulin, Jeff Kiesner et Thomas J. Dishion. A longitudinal examination of risky sexual behaviors among Canadian and Italian adolescents: Considering individual, parental, and friend characteristics.International Journal of Behavioral Development, 2009, 33 (3), 265–276.

 

Question du mois : novembre 2012

Au Québec, la majorité des enfants dont les parents présentent une déficience intellectuelle font l’objet de mesures de protection principalement en raison du retard cognitif de leurs parents.

VRAI
34 %
FAUX
66 %

Nombre de votes : 211

Réponse :

FAUX

Selon différentes études, dans les situations où les parents présentent une déficience intellectuelle (DI)1, on observe un nombre plus élevé de placements ou d’adoptions ainsi qu’une surreprésentation des enfants dans les services de protection. En effet, la proportion de ces enfants serait 60 fois plus élevée dans les services de protection que ce qui est attendu au sein de la population générale. Une étude menée au Canada révèle que 10% des dossiers signalés pour mauvais traitements réfèrent à des situations où les parents ont une DI. Quant aux études menées à l’international, elles indiquent qu’entre 40 et 60% des enfants dont les parents ont une DI sont retirés de leur famille d’origine, et ce, à la suite d’un signalement. Ce taux de placement est similaire à celui observé au Québec.

La réalité des parents ayant une DI se caractérise, la plupart du temps, par la présence de facteurs de risque multiples pouvant affecter leur capacité à répondre aux besoins de leurs enfants, dont leur retard cognitif. En effet, un nombre croissant d’auteurs insiste sur l’idée que le déficit cognitif des parents coexiste et interagit avec d’autres facteurs présents dans leur vie, ce qui les place à haut risque de difficultés parentales. Ces facteurs peuvent être d’ordre personnel (p. ex. : historique d’abus en enfance, absence de modèle parental liée à une enfance vécue en institution, isolement social, vulnérabilité émotionnelle, stress parental très élevé, etc.), d’ordrefamilial (p. ex. : faible revenu familial, non-employabilité, etc.), d’ordre environnemental (p. ex. : absence ou inadéquation de services de soutien et d’éducation parentale, préjugés et stéréotypes entretenus par les membres de l’entourage, insalubrité du logement, etc.) ou liés aux caractéristiques de l’enfant (p. ex. : présence d’une incapacité ou d’un trouble du comportement, etc.). Conséquemment, ces parents ont des besoins bien particuliers qui doivent être compris et répondus avant d’être en mesure d’exercer adéquatement leurs responsabilités parentales et de répondre aux besoins de leurs enfants.

1 La DI est un état évalué sur la base de trois critères : un fonctionnement intellectuel (QI < 70), un fonctionnement adaptatif significativement sous la moyenne de la population générale et l’apparition de déficits au cours de la période de développement (avant 18 ans). Parmi les personnes présentant une DI, environ 85% auraient une DI légère (QI entre 55 et 70). Avec l’apport d’un soutien minimal, ces personnes ont habituellement de la facilité à s’intégrer dans leur communauté et sont en mesure de répondre à leurs besoins. Ceux qui deviennent parents font généralement partie de ce groupe.

En savoir plus :

Milot, É. (2012). Les représentations sociales de la parentalité des personnes qui vivent avec l'étiquette de la "déficience intellectuelle". Journal "D'Abord avec tout l'monde", 10 (2), 3-4.

Milot, É. (en cours). Représentations sociales de l’exercice de la parentalité des personnes ayant une DI chez ces personnes et chez les intervenants professionnels impliqués. Thèse de doctorat, École de service social. Québec : Université Laval.

 

Question du mois : Octobre 2012

Pour les jeunes placés jusqu’à majorité, la sortie du milieu de vie substitut à 18 ans représente le moment le plus marquant dans leur passage à la vie adulte.

VRAI
78 %
FAUX
22 %

Nombre de votes : 190

Réponse :

Faux

Selon les résultats d’une recherche menée auprès de 18 jeunes adultes ayant fait l’objet d’une mesure de placement jusqu’à majorité, un événement qui est vécu comme un point tournant serait à l’origine de leur passage à la vie adulte (PVA). Or, pour ces jeunes adultes, la sortie du milieu de vie substitut à 18 ans n’a pas été identifiée systématiquement comme l’événement déclencheur du PVA. Bien que la sortie du milieu de vie substitut survienne dans un contexte marqué par plusieurs facteurs de risque (faible scolarité, itinérance, consommation, grossesses non désirées, etc.), les répondants considèrent ce point tournant comme une occasion d’orienter leur vie en fonction des relations avec leur entourage, de leur place dans la société et de leurs valeurs. L’étude a permis d’identifier trois façons de vivre le passage à la vie adulte.

Dans une trajectoire d’« appartenance », l’accent est mis sur le rapport aux autres alors que devenir adulte signifie ne pas être seul. Ce qui importe, ce sont les relations bâties et entretenues avec l’entourage (ex. : bâtir des relations de proximité avec ses collègues de travail). L’accès au modèle conventionnel de la vie adulte devient alors un prétexte, une façon de répondre au besoin d’être entouré.

Dans une trajectoire d’« intégration », l’accent est mis sur le rapport à la société. Devenir adulte signifie avoir une place en société et le regard que pose la société sur soi est capital. Ce qui est important, c’est d’être valorisée comme personne et pour y parvenir le jeune doit y investir toute l’énergie nécessaire (ex. : compléter un diplôme d’études secondaires et devenir ainsi un modèle pour ses propres enfants).

Enfin, dans une trajectoire d’« appropriation », l’accent est mis sur le rapport à soi. L’accès au modèle conventionnel de la vie adulte est un outil, une façon de répondre au besoin de s’accomplir différemment. Le jeune remplit les devoirs et responsabilités qui sont associés à la vie adulte parce qu’ils sont inévitables et qu’ils sont des leviers pour faire ce qui compte vraiment à ses yeux (ex. : occuper un emploi afin d’avoir l’argent nécessaire pour participer à des compétitions sportives qui procurent un sentiment d’accomplissement personnel).

En savoir plus :

Richard, M-C. (à paraître). Trajectoires de passage à la vie adulte de personnes ayant fait l’objet d’une mesure de placement jusqu’à la majorité. Thèse de doctorat inédite. Université Laval.

 

Question du mois : Septembre 2012

Les comportements délinquants des jeunes de 9 à 12 ans amènent les parents à adopter des conduites parentales psychologiquement violentes.

VRAI
63 %
FAUX
37 %

Nombre de votes : 209

Réponse :

Faux

Chez les jeunes de 9 à 12 ans, une récente étude longitudinale réalisée auprès de 143 dyades parent-enfant montre que ce n'est pas l'ensemble des problèmes extériorisés (selon l’échelle du CBCL) qui est associé aux conduites parentales psychologiquement violentes. En fait, l’étude révèle que ce sont plus spécifiquement les comportements agressifs du jeune au temps 1 qui sont associés à des conduites parentales psychologiquement violentes au temps 2, soit un an plus tard.

Au contraire des comportements délinquants, les comportements agressifs des jeunes sont plus susceptibles de se manifester au sein de la relation parent-enfant. Certains auteurs affirment que l’influence du jeune sur les pratiques parentales s’accroît à mesure que le jeune vieillit. Au moment de la préadolescence, les parents seraient davantage en réaction aux comportements agressifs du jeune que l’inverse. Les comportements agressifs agiraient comme stresseurs, diminuant ainsi les capacités parentales face à la situation. Selon les études, les parents réagissent de différentes façons devant les comportements problématiques des jeunes. Ils peuvent :
          a) rejeter émotionnellement le jeune en l’ignorant plus ou moins drastiquement;
          b) être moins soutenant auprès du jeune;
          c) exercer un encadrement moins adéquat;
          d) adopter une discipline parentale « timide », caractérisée par l’absence
              de mesures disciplinaires conséquentes, craignant que l’adolescent y réagisse.

Faute de confiance ou de succès envers leurs moyens disciplinaires, certains parents ont recours au dénigrement et aux menaces de rejet et peuvent même se rendre jusqu’à la négligence affective. Ces éléments correspondent d’ailleurs au concept de violence psychologique mesuré dans cette étude. Enfin, les résultats de l’étude laissent entendre que les comportements agressifs des jeunes, et non leurs comportements délinquants, précèdent l’adoption des conduites parentales psychologiquement violentes à la préadolescence, ce qui souligne l’importance de distinguer ces deux catégories de comportement dans les études ultérieures.

En savoir plus :

Pouliot-Lapointe, J., Gagné, M.-H., Drapeau, S., & Saint-Jacques, M.-C. (sous presse). Conduites parentales psychologiquement violentes et problèmes de comportement des jeunes : une étude bidirectionnelle. Revue canadienne des sciences du comportement.

 

Question du mois : été 2012

La participation des familles à un programme d’entraînement aux habiletés parentales est un moyen efficace pour modifier les comportements des enfants atteints d’un TDA/H même lorsque ceux-ci ont une médication bien contrôlée.

VRAI
96 %
FAUX
4 %

Nombre de votes : 101

Réponse :

Vrai

Les programmes d’entraînement aux habiletés parentales (PEHP) sont reconnus comme un traitement efficace auprès des familles ayant un enfant atteint du trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité (TDA/H), que ce dernier prenne une médication ou non.

L’objectif principal des PEHP est d’aider les parents à mieux gérer les comportements appropriés et inappropriés de leur enfant dans le but d’améliorer la qualité de la relation parent-enfant. Les PEHP visent principalement l’utilisation efficace, cohérente et constante dans le temps de techniques diverses telles que les félicitations, l’attention positive et sélective, le renforcement, les programmes de récompenses, l’ignorance, le retrait, le retrait de privilèges, les conséquences naturelles et logiques.

La médication est une méthode efficace pour contrôler les symptômes du TDA/H (inattention, hyperactivité et impulsivité) chez la majorité des enfants. Toutefois, les changements sont limités à ces symptômes. Les études ont démontré qu’une intervention qui combine la médication et un traitement comportemental (tels les PEHP) permettent des changements multiples chez ces enfants. Cette combinaison permet, entre autres, de contrôler les symptômes du TDA/H ainsi que d’améliorer les habiletés sociales des enfants et la relation parent-enfant.

En savoir plus :

Nadeau, M-F., Normandeau, S., Massé, L., & Lessard, J. (sous presse). Interventions psychosociales auprès d’enfants présentant un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité. Dans L. Turgeon & S. Parent (Dir.),Les interventions cognitivo-comportementales auprès des jeunes. Québec : Presse de l’Université du Québec.

 

Question du mois : Mai 2012

Pour les collégiens aux prises avec un problème de santé mentale, créer des liens avec les étudiants et être acceptés par ces derniers est ce qui est le plus facile dans leur parcours scolaire.

VRAI
15 %
FAUX
85 %

Nombre de votes : 74

Réponse :

Faux

Dans une recherche effectuée sur l’offre de services destinée aux étudiants des cégeps présentant un problème de santé mentale ou un trouble mental, 152 étudiants ont rempli  un questionnaire en ligne afin de s’exprimer sur les mesures de soutien leur étant offertes par les services adaptés, les services psychosociaux ou, plus directement, par les enseignants. De plus, ils ont eu à se prononcer sur la disponibilité des ressources à l’interne et à l’externe ainsi que sur leurs attitudes et leurs besoins par rapport à la réussite de leurs études. Des questions ouvertes leur ont permis de verbaliser ce qu’ils trouvaient le plus difficile et le plus facile dans leur parcours scolaire, et ce, en tenant compte de leurs difficultés psychologiques.

Parmi les difficultés énoncées par les étudiants, la complexité à nouer des liens avec les autres étudiants, l’acceptation par les pairs, le développement de nouvelles amitiés et l’intégration dans les groupes sont les plus importantes. Par contre, la compréhension, le soutien et les relations qu’ils développent avec leurs enseignantes et enseignants représentent, pour eux, les éléments les plus facilitants.

En savoir plus :

ST-ONGE, M., & TREMBLAY, J. & GARNEAU, D. (2009). L'offre de services pour les étudiantes et étudiantes des cégeps ayant un problème de santé mentale ou un trouble mental. Rapport synthèse de la recherche,  Rapport final, École de service social, CIRRIS, IRDPQ, Université Laval.

 

Question du mois : Avril 2012

L’entrée en vigueur de la nouvelle LPJ a donné lieu à une diminution des situations prises en charge pour troubles de comportements sérieux.

VRAI
37 %
FAUX
63 %

Nombre de votes : 95

Réponse :

Vrai

Dans le rapport sur l’évaluation des impacts de la nouvelle Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ), les données sur les enfants dont la situation a été évaluée puis retenue par les centres jeunesse du Québec entre le 1er juillet  2003 et le 30 juin 2004 indiquent que la présence de troubles de comportement sérieux était le motif de protection pour 27,8% d’entre eux. Ce même pourcentage se situe à 20,3% pour ceux qui ont été évalués entre le 1er septembre 2007 et le 31 août 2008. D’ailleurs, on retrouve cette même tendance dans les statistiques publiées dans les bilans annuels des DPJ. Depuis, ce pourcentage a constamment diminué pour se situer à 15,2% en 2011.  Dans son rapport, le Comité d’experts sur la révision de la LPJ (2004) était d’avis qu’il fallait resserrer l’application de l’article 38h pour éviter que les services de protection de la jeunesse constituent une voie d’accès pour obtenir des services. À ce sujet, les modifications apportées à la Loi semblent avoir rejoint cette préoccupation. 

En savoir plus :

Turcotte D., Drapeau, S., Hélie, S. et al. (2011). Les impacts de la nouvelle Loi sur la protection de la jeunesse : un premier bilan. Québec : Centre de recherche JEFAR, Université Laval.

 

Question du mois : Mars 2012

Une fois qu'ils ont décroché, les jeunes québécois retournent moins sur les bancs d’école que les Français. 

VRAI
29 %
FAUX
71 %

Nombre de votes : 87

Réponse :

Faux

Près d’un jeune québécois sur quatre sortirait du secondaire sans diplôme, mais près de 30% d’entre eux « raccrocheraient » par la suite. Si les jeunes français décrochent moins fréquemment (17% c. 25%), seuls 3% reprendraient ensuite leur scolarité. Plusieurs éléments semblent expliquer le taux particulièrement élevé de retour aux études au Québec comparativement à celui que l’on observe en France.

Par exemple, les mesures prévues pour les jeunes québécois souhaitant raccrocher sont mieux réparties sur le territoire et plus accessibles, identifiables et nombreuses qu’en France. En effet, il existe au Québec un dispositif de raccrochage officiel, prévu par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, qui accueille la majorité des raccrocheurs : les centres d’éducation des adultes (CEA). Plus de 200 centres sont répartis sur l’ensemble du Québec et il en existe dans toutes les commissions scolaires. Ils offrent des formations générales, mais aussi professionnelles, et ce, auprès de toute personne âgée de 16 ans ou plus. En France, laMission générale d’insertion, mise en place par le ministère de l’Éducation nationale, propose des solutions aux jeunes souhaitant raccrocher, mais elle ne concerne que ceux qui ont décroché depuis moins d’un an. Il existe des dispositifs relevant d’initiatives locales (lycées du soir, micro-lycées, lycées autogérés) qui proposent une pédagogie adaptée et des parcours flexibles, mais ils sont peu nombreux, peu accessibles et accueillent un nombre d’élèves limité.

Les représentations sociales du décrochage/raccrochage scolaire au Québec et en France contribuent sans doute à expliquer aussi ces situations contrastées. Au Québec, on observe une conception non linéaire de l’éducation, qui intègre la possibilité de retours en arrière, de bifurcations, de pauses. Les jeunes québécois percevraient donc la possibilité d’obtenir un diplôme au-delà de la formation initiale tandis que les Français considèreraient encore qu’il n’existe qu’une seule véritable chance d’acquérir une certification. 

En savoir plus :

Villatte, A., & Marcotte, J. (2012). Comparaison des dispositifs de raccrochage scolaire en France et au Québec et analyse du discours de jeunes adultes québécois « raccrocheurs ». Communication présentée au Séminaire international de recherche « Décrochage/ raccrochage scolaire : perspectives internationales », Toulouse, France, 10 février.

Marcotte, J., Lachance, M.H., & Lévesque, G. (2011). Pleins feux sur la persévérance et le raccrochage scolaire. Revue canadienne de l’éducation, 34(4), 135-157.

Marcotte, J., Cloutier, R., & Fortin, L. (2010). Portrait personnel, familial et scolaire des jeunes adultes émergents (16-24 ans) accédant aux secteurs adultes du secondaire : identification des facteurs associés à la persévérance et à l'abandon au sein de ces milieux scolaires. Rapport de recherche. Québec : Université du Québec à Trois-Rivières.

 

Question du mois : Février 2012

La cohabitation intergénérationnelle : une forme d'habitation qui sert essentiellement à la génération aînée. 

VRAI
8 %
FAUX
92 %

Nombre de votes : 102

Réponse :

Faux

Selon les résultats d’une recherche menée auprès de six familles de la région de Québec qui partagent un même toit, l’aide entre les ménages apparentés est bidirectionnelle et variée. Initiée par la jeune génération pour soutenir les parents vieillissants, la cohabitation intergénérationnelle permet aux deux ménages de bénéficier de ce mode de vie résidentiel. Les ménages cadets retirent, entre autres, des gains sur le plan du soutien offert aux parents vieillissants, de la qualité des relations intergénérationnelles et de l’actualisation des valeurs d’entraide et des valeurs familiales. Par exemple, ils bénéficient d’un accès à la propriété, de gardiennage et d’un soutien général en cas d’événements difficiles. Quant aux parents vieillissants, les avantages sont liés à la qualité des relations intergénérationnelles, au bien-être et à la sécurité économique.

La présence d’une troisième génération favorise les relations affectives entre les petits-enfants et les grands-parents, ce qui constitue un aspect très positif relevé tant par les ménages aînés que les ménages cadets. Pour les jeunes parents, le gardiennage de courte durée est un élément facilitant l’organisation familiale. Dans certains cas, les aléas de la vie ont mis en lumière des atouts corésidentiels auxquels la génération descendante n’avait pas songé avant que ne surviennent les situations : répit parental soutenu, appui au couple ébranlé par les événements, soutien moral et financier, etc. Par exemple, pour l’une des familles participante à l’étude, la cohabitation a débuté avant l’arrivée des enfants, lesquels ont développé, quelques années après leur naissance, des besoins particuliers exigeant une grande énergie. Dans ce cas, la proximité des grands-parents a permis de partager les tâches parentales. Par ailleurs, pour les parents devant s’absenter du domicile, la cohabitation facilite aussi la conciliation travail-famille, en ce sens où ils se disent assurés du bien-être de leurs enfants en leur absence.

En savoir plus :

Céline Spira (2011). Les enjeux de la cohabitation intergénérationnelle entre des parents vieillissants et des membres de la génération descendante. Mémoire de maîtrise inédit, École de service social. Québec : Université Laval.

 

Question du mois : Janvier 2012

Malgré la crainte de l’intervention de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) dans leur famille, les parents réfugiés considèrent légitime la présence dans la société d’une institution pour protéger les enfants.

VRAI
75 %
FAUX
25 %

Nombre de votes : 106

Réponse :

Vrai

Les familles réfugiées migrent au Québec pour se protéger d’un climat de violence, mais aussi avec l’espoir que leurs enfants aient de meilleures conditions de vie. Ils proviennent de pays divers, parfois très éloignés culturellement de leur pays d’accueil. Dans le cadre d’une récente étude, 11 parents réfugiés ont été rencontrés afin de connaître leurs représentations de la DPJ. Malgré les différences culturelles et la variété des parcours de vie marqués par la précarité et les violences, les parents rencontrés estiment que la DPJ est une institution légitime : elle assure la protection des droits des enfants (être nourris, logés, vêtus, aimés, protégés, éduqués et surveillés).

Cependant, certains d’entre eux remettent en question la nécessité de l’intervention de l’État dans leur famille et ses modalités. Cela s’explique, entre autres, par le fait que la forme que prennent les réponses aux besoins de leurs enfants diffère de celles de la société d'accueil. Par exemple, une participante africaine raconte que, dans son pays d’origine, on considère qu’il est important de surveiller les enfants. Toutefois, il est acceptable de les laisser seuls dehors, même très jeunes, alors qu’il fait beau et que personne n’est à la maison, puisque la communauté veille sur eux. Cette représentation de la surveillance a valu à cette dame une rencontre avec des policiers qui sont intervenus à la suite d’une plainte pour enfants laissés seuls.

Si les parents réfugiés s’entendent sur la légitimité de la loi, leurs représentations de la DPJ montrent une préoccupation marquée pour la préservation de l’unité familiale. La DPJ est vue comme une organisation qui aide ou qui doit aider la famille à rester unie afin de protéger les enfants et permettre son adaptation à la société québécoise. Ces constats suggèrent donc de privilégier, avec ces parents, une approche d’intervention centrée sur la famille.

En savoir plus :

Labonté, Marie-Hélène (2010). La protection de la jeunesse vue par des parents réfugiés. La famille au cœur de la protection de la jeunesse. Mémoire de maîtrise, École de service social. Québec. Université Laval.

 

Question du mois : Décembre 2011

Le placement permanent et l'adoption de l'enfant provoquent nécessairement de la souffrance chez les mères biologiques.

VRAI
44 %
FAUX
56 %

Nombre de votes : 113

Réponse :

Généralement vrai

Au Québec, il n’y a que très peu d’information disponible sur cette question. Aux États-Unis, une étude effectuée auprès de 215 jeunes mères (13 à 21 ans) qui ont confié leur enfant à une famille d'adoption souligne que la majorité des mères interrogées ont déclaré ressentir toujours « beaucoup » (38%) ou « passablement » (27%) de chagrin six mois après l’adoption de leur enfant. Cependant, 19% d’entre elles en ressentent « un peu » et 16% « aucun » (Cushman, Kalmuss et Namerow, 1993). En ce qui concerne l’intensité de la douleur ressentie chez ces jeunes mères, 57% ont affirmé que la douleur diminue avec le temps, alors que pour 43 %, elle a augmenté ou est restée la même.

L’examen des écrits scientifiques sur le sujet suggère que le placement permanent et l’adoption de l’enfant génèrent de la souffrance chez la grande majorité des mères biologiques (Sécher, 2010; Sellenet, 2010; Doitteau, Damant, 2005). Cette souffrance est causée, d’une part, par la séparation mère-enfant et, d’autre part, par la stigmatisation subie. La séparation mère-enfant est vécue par plusieurs mères comme un « deuil interdit » générant du chagrin et de la tristesse. Ce processus de deuil provoqué par le placement ou l’adoption d’un enfant est méconnu et difficilement partageable, car les proches peuvent avoir de la difficulté à comprendre la douleur éprouvée par ces mères. 

Le placement ou l’adoption de l’enfant peuvent aussi provoquer un fort rejet social, et ce, même de la part des proches. Cela a souvent pour effet de fragiliser les liens sociaux. La stigmatisation liée à l’image de la « mauvaise mère » soulève des sentiments de honte et de culpabilité. Ce discrédit les empêche de se sentir pleinement acceptées par la société et par leurs proches, ce qui a pour effet que certaines mères ne veulent pas divulguer qu’elles ont perdu la garde de leur enfant parce qu’elles ont peur de perdre la reconnaissance qu’elles ont dans d’autres domaines de leur vie. Ainsi, cette stigmatisation amène ces mères à vivre plus d’isolement et plus de problèmes de valorisation personnelle. Il est donc suggéré sur le plan de l'intervention d'accompagner ces mères à la fois dans le processus de deuil et dans le développement de leur pouvoir d’agir. 

En savoir plus :

Julie Noël (en cours). Le pouvoir d’agir des mères dont l’enfant est placé de façon permanente ou adopté en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse. Mémoire de maîtrise, École de service social. Québec : Université Laval.

Cushman, L. F., Kalmuss, D., Namerow, P.B. (1993). Placing an Infant for Adoption: The Experiences oy Young Birthmothers. Social Work, 38(3), 264-272.

Doitteau, N., Damant, D. (2005). La maternité des femmes prostituées. Journal international de victimologie, 3, 3,177-190.

Sécher, R. (2010). Reconnaissance sociale et dignité des parents d'enfants placés : parentalité, précarité et protection de l'enfance. Paris: L'Harmattan.

Sellenet, C. (2010). Dis, quand reviendras-tu? Blessure de la séparation des parents d'enfants placés. Le journal des psychologues, 277, 50-54.

 

Question du mois : Novembre 2011

Le passage à la vie adulte, même s’il est vécu différemment d’un individu à l’autre, a peu changé au cours des dernières décennies.

VRAI
31 %
FAUX
69 %

Nombre de votes : 107

Réponse :

Faux

Il est généralement admis que l’accès au statut d’adulte était autrefois rapide et linéaire : obtenir un diplôme scolaire, occuper un emploi rémunéré, habiter un logement et exercer des responsabilités parentales. Il n’est plus possible aujourd’hui de tracer un profil unique de l’expérience du passage à la vie adulte. En effet, deux éléments caractérisent les transitions actuelles vers la vie adulte : elles surviennent plus tard et elles durent plus longtemps, notamment en raison de leur caractère réversible. Plusieurs exemples illustrent la réversibilité du passage vers la vie adulte : le retour au domicile familial après l’avoir quitté une première fois, les changements de programme au cours des études postsecondaires, le retour l’école ou la perte d’emploi. L’allongement des études, les difficultés d’accès et d’insertion en emploi, les difficultés d’accession à la propriété, la redéfinition sociale des relations de couple et de la vie familiale sont autant de facteurs « retardant » le passage à la vie adulte.

Le passage à la vie adulte est vécu différemment par différentes populations de jeunes. Pour certains, la dépendance prolongée envers la famille traduit la possibilité de profiter d’un soutien (financier, matériel, affectif, etc.) facilitant la négociation du passage vers la vie adulte et l’acquisition progressive de l’autonomie. Pour d’autres jeunes, privés de ces formes de soutien, une dépendance prolongée aux programmes sociaux peut être vécue comme un risque d’exclusion sociale durable (du marché du travail, par exemple). Le passage à la vie adulte a plutôt tendance à s’accélérer pour ces jeunes dont les circonstances de vie limitent les opportunités et les possibilités de choix et qui sont amenés à assumer prématurément des responsabilités d’adulte. Ce type de passage à la vie adulte s’applique notamment à des personnes ayant été placées en milieu de vie substitut jusqu’à la majorité.

En savoir plus :

Marie-Claude Richard (en cours). Les trajectoires de passage à la vie adulte de personnes ayant fait l’objet d’une mesure de placement jusqu’à la majorité en milieu de vie substitut.Thèse de doctorat. Québec : Université Laval.

 

Question du mois : Octobre 2011

Au Québec et en Amérique du Nord, les taux de prévalence associés au jeu problématique chez les adolescents sont moins élevés que chez la population adulte. 

VRAI
43 %
FAUX
57 %

Nombre de votes : 79

Réponse :

Faux

En Amérique du Nord, des taux de prévalence oscillant entre 0,3% et 11% sont rapportés en ce qui a trait au jeu dit pathologique probable ou problématique chez les adolescents. Au Québec, ces taux varient de 2% à 6% alors que dans la population adulte, ce taux se situe autour de 2%.

En plus d’être plus élevés que dans la population adulte, ces taux sont très variables, ce qui soulève de nombreux questionnements dans la communauté scientifique. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées afin d’expliquer ces résultats. Une de ces hypothèses concerne la présence de lacunes sur le plan conceptuel. En effet, la plupart des études s’appuient sur des outils issus de l’observation d’adultes joueurs problématiques. Ainsi, chez les adolescents, la définition des habitudes problématiques de jeux de hasard et d’argent s’apparente beaucoup à celle de l’adulte. Or, le fait de se référer à des instruments développés pour les adultes contribue à évaluer la situation des adolescents selon une réalité adulte. Cette inadéquation des instruments à la réalité des adolescents fait en sorte que la prévalence du phénomène pourrait dans certains cas être surestimée. C’est ce que révèle notamment l’étude de Ladouceur et ses collègues (2005) qui, au terme d’une entrevue en profondeur, ont observé que 75% des adolescents classifiés comme ayant des difficultés avec le jeu ne présentaient pas, en fait, ce type de difficultés.

Enfin, précisons que récemment, des efforts ont été faits afin de développer et valider un instrument d’évaluation des habitudes de jeux de hasard et d’argent chez les adolescents qui corresponde à la réalité de ces derniers : L’inventaire canadien des jeux de hasard et d’argent chez l’adolescent.

En savoir plus :

Savard, Annie-Claude (en cours). Les habitudes problématiques de jeux de hasard et d'argent à l'adolescence : de l'expérience des jeunes à la conceptualisation du phénomène. Thèse de doctorat, École de service social, Université Laval.  

Tremblay, J., Stinchfield, R., Wiebe, J., Wynne, H. (2010). L’Inventaire canadien des jeux de hasard et d’argent chez l’adolescent (ICJA). Rapport final de la phase III. Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies. Ottawa. www.ccsa.ca/Fra/Priorities/Gambling/CAGI

 

Question du mois : septembre 2011

Dans plusieurs carrefours jeunesse-emploi, une partie importante du travail des intervenants consiste à répondre à des besoins de base préalables à l'insertion en emploi.

VRAI
92 %
FAUX
8 %

Nombre de votes : 66

Réponse :

Vrai

Dans leur travail d’accompagnement, les intervenants vérifient l’existence de besoins préalables à l’emploi chez les jeunes qui se présentent dans un Carrefour jeunesse-emploi (CJE).

Dans les carrefours jeunesse-emploi, un nombre significatif de jeunes se présentent avec le désir d’intégrer le marché du travail malgré le fait qu’ils aient des problèmes entravant leur insertion en emploi (problèmes de logement, de consommation, insécurité alimentaire, etc.). En parallèle avec les services d’aide réguliers à l’emploi, les CJE ont donc mis sur pied desprojets spéciaux d’accompagnement. Dans le cadre de ces projets spéciaux, le travail d’accompagnement en insertion à l’emploi est d’abord centré sur le « faire vivre pour aller vers ». Dans cette optique, les intervenants font alors vivre aux jeunes des expériences de vie de groupe (p. ex. un chantier de travail, un voyage). Le but de ces projets spéciaux est qu’au terme de l’expérience, le jeune soit en mesure de s’engager dans un programme de formation professionnelle (p. ex. retour aux études). Par ailleurs, selon les besoins identifiés, les intervenants vont également répondre directement à la demande ou référer le jeune à des ressources extérieures. Par exemple, si un jeune n’a aucun revenu, la première action entreprise sera de l’aider à faire une demande d’aide sociale.

En résumé, l’aide et le soutien visant à combler des besoins préalables à la recherche d’emploi font partie du processus d’accompagnement des jeunes vers l’emploi. Dès lors, accompagnement social et accompagnement vers l’emploi se confondent, le processus débutant tout simplement là où un besoin non comblé crée des préjudices. 

En savoir plus :

Provencher, Y., Émond, P. & Tremblay Roy, J. (2010). Les pratiques d’accompagnement dans les carrefours jeunesse-emploi de la région de Québec/Charlevoix. Rapport de recherche complet disponible au Centre de recherche sur l’adaptation des jeunes et des familles à risque (JEFAR), Université Laval.

 

Question du mois : Été 2011

La séparation conjugale affecte nécessairement l’exercice de la coparentalité.

VRAI
56 %
FAUX
44 %

Nombre de votes : 127

Réponse :

Faux

La coparentalité est généralement définie comme la façon dont les deux parents travaillent, ou non, ensemble pour accomplir leur rôle parental. Les concepts de relations conjugales et coparentales sont distincts, tout en étant liés. Cette distinction est particulièrement importante lorsque la relation conjugale se termine puisque la relation coparentale peut poursuivre sa propre trajectoire. Une étude qualitative réalisée auprès de 25 parents séparés a permis de mieux comprendre le rôle joué par cette transition familiale sur l’évolution de la relation coparentale. Les résultats font ressortir trois grandes tendances :

  1. Dans le premier cas, après la séparation des parents, la relation coparentale peut demeurer similaire et ne pas être influencée par cette transition familiale. On y retrouve des parents qui entretenaient une très bonne relation coparentale avant la séparation et qui distinguent clairement leur relation conjugale de leur relation coparentale, ce qui explique notamment la stabilité de leur coparentalité. De même, dans le cas de parents qui vivent d’importantes difficultés conjugales et coparentales avant et après la séparation, quelques changements ont été observés dans l’exercice de la coparentalité, mais les difficultés vécues apparaissent minimiser l’impact de cette transition familiale.
  2. Dans le second cas, la relation coparentale peut être marquée par des changements qui seront favorables à l’exercice de la coparentalité. Il s’agit de parents qui adoptent des styles parentaux différents, ce qui, lors de la vie commune, entraînait de nombreux désaccords. La séparation semble alors leur permettre d’exercer leur rôle parental de la façon dont ils le souhaitaient et les amènent à moins intervenir lorsqu’ils sont en désaccord avec la méthode d’éducation de l’autre parent. Ces changements ne sont pas sans lien avec une diminution des conflits et de la tension qui régnaient dans la relation coparentale avant la séparation.
  3. Dans le troisième cas, la relation coparentale peut être marquée par des changements qui nuisent à l’exercice de la coparentalité. Par exemple, ces difficultés peuvent se traduire par une augmentation des conflits entre les parents ou un désengagement parental. De plus, elles peuvent être temporaires ou persister durant de nombreuses années.
En savoir plus :

Julie Tremblay (en cours).L’exercice de la coparentalité à la suite d’une séparation et d’une recomposition : portrait de trajectoires coparentales, Mémoire de maîtrise, Québec, Université Laval.

Drapeau, S., Tremblay, J., Cyr, F., Godbout, E., & Gagné, M.-H. (2008). La coparentalité chez les parents séparés. Un idéal à soutenir pour l’enfant. Dans C. Parent, S. Drapeau, M. Brousseau, & E. Pouliot (Dir.),Visages multiples de la parentalité(pp. 255-281). Québec : Presses de l’Université du Québec.

 

Question du mois : Mai 2011

L’adoption à partir du programme Banque-mixte est l’option comportant le moins d’incertitudes pour les couples masculins d’orientation homosexuelle qui souhaitent fonder une famille.

VRAI
55 %
FAUX
45 %

Nombre de votes : 58

Réponse :

Vrai

Au Québec, les couples masculins souhaitant fonder une famille ont différentes options : a) recourir à une mère porteuse, b) adopter l’enfant d’un conjoint, c) adopter à l’international ou d) adopter en Banque-mixte. Certaines de ces options comportent toutefois plusieurs incertitudes limitant la concrétisation du projet parental.

A. La première option comporte un piège lourd de conséquences : d’après le Code civil du Québec, le contrat signé entre la mère porteuse et les futurs parents est nul de nullité absolue. En effet, même si la mère porteuse formule un consentement à l’adoption spécialement en faveur du second père, il existe des situations où le juge a rejeté cette requête. Cette option est empreinte d’incertitudes et se situe dans un flou juridique.

B. Peu fréquente, une autre possibilité serait que le père d’un enfant né d’une union antérieure formule un consentement à l’adoption en faveur de son conjoint. Une telle situation peut, par exemple, s’avérer possible dans le cas du décès du second parent ou dans un cas de déchéance parentale. Très rare, cette option présente néanmoins un degré d’incertitude important.

C. Malgré l’interdit de discrimination basé sur l’orientation sexuelle lors de l’évaluation psychosociale préadoption, les hommes gais voulant adopter un enfant à l’international font face à une contrainte majeure : ce sont les pays étrangers qui déterminent leurs lois en matière d’adoption. Dans des pays où l’homosexualité est encore criminalisée, les agences internationales n’autorisent pas l’adoption d’enfants par des postulants gais. Si ces derniers veulent adopter, ils doivent généralement cacher leur orientation sexuelle, nier l’existence de leur conjoint et dissimuler tout un pan de leur vie. Encore là, très peu de pays acceptent les postulants célibataires. Dans le cas d’un dénouement positif, l’adoption se fait donc en tant qu’homme célibataire et une fois l’enfant arrivé au Québec, le conjoint du père pourra l’adopter en vertu d’un consentement spécial à l’adoption. L’incertitude et les difficultés entourant l’adoption à l’international peuvent être nombreuses pour les futurs pères.

D. L’option comportant le moins d’obstacles est l’adoption d’un enfant dans un contexte de protection de la jeunesse, à partir du programme Banque-mixte. Lors de l’évaluation, les hommes n’auront ni à mentir sur leur orientation sexuelle, ni à cacher tout un pan de leur vie. Légalement, ils seront considérés au même titre que tout autre postulant, ce qui réduit considérablement l’incertitude entourant la concrétisation de leur projet parental.

En savoir plus :

Fortin, M.-C. (2011). L’expérience des pères gais adoptant un enfant placé en Banque-mixte. Mémoire de maîtrise. Québec : Université Laval.

Greenbaum, M., Sutherland, G. (2008). Adoption et accueil d’enfants résidant au Québec. Un guide pour les gais et lesbiennes. Montréal : Association des mères lesbiennes du Québec, Groupe Papa-Daddy, Coalition des familles homoparentales.
http://www.familleshomoparentales.org/documents/fr/Guide_Adoption_Gai_Lesbienne.pdf

 

Question du mois : avril 2011

L’aliénation parentale est essentiellement définie par des attitudes et des comportements parentaux visant à rompre le lien qui unit l’enfant et son autre parent.

VRAI
60 %
FAUX
40 %

Nombre de votes : 145

Réponse :

Faux

L’aliénation parentale est généralement définie comme une alliance entre un parent et son enfant résultant en rejet de l’autre parent par l’enfant. L’aliénation parentale survient typiquement dans un contexte de séparation conjugale conflictuelle. Dans un tel contexte, le jeune aliéné d’un parent exprimerait librement et de façon persistante des croyances et des sentiments négatifs ou déraisonnables (colère, haine, rejet et/ou peur) envers le parent, qui sont disproportionnés par rapport à son expérience réelle avec ce parent.

Les attitudes et comportements parentaux dits « aliénants » (campagne de dénigrement de l’autre parent, manipulation de l’enfant, etc.), bien qu’ils soient fortement à proscrire en raison du conflit de loyauté qu’ils induisent chez l’enfant, ne sont souvent pas suffisants pour que la situation soit qualifiée d’aliénation parentale. D’abord, l’enfant doit être réceptif à ces comportements pour qu’ils aient une prise sur lui et l’éloignent de son autre parent. Certains éléments contextuels alimenteraient cette réaction. Plusieurs chercheurs et cliniciens ayant décrit cette problématique soutiennent une explication multifactorielle de l’aliénation parentale. Parmi les éléments pouvant contribuer à l’apparition et au maintien de cette problématique, on retrouve : une histoire antérieure de conflit de couple ou de violence conjugale, une séparation humiliante pour un parent , des conflits et litiges lors de la séparation (qui peuvent être alimentés par certains professionnels), une famille élargie qui prend part au conflit, la personnalité et l’équilibre psychologique de chaque parent, l’âge, la capacité cognitive et le tempérament de l’enfant, les croyances et comportements du parent aliénant, les réactions du parent rejeté à cette situation et les relations dans la fratrie.

En savoir plus :

Gagné, M.-H., Drapeau, S., & Hénault, R. (2005). L’aliénation parentale : un bilan des connaissances et des controverses. Canadian Psychology, 46(2), 73-87.

Godbout, E. (2009). Les trajectoires et le vécu des adultes ayant fait l’expérience de l’aliénation parentale : une recherche rétrospective. Mémoire de maîtrise inédit, Université Laval.

 

Question du mois : mars 2011

Les enfants qui manifestent des comportements sexuels problématiques ont tous une histoire de victimisation sexuelle.

VRAI
10 %
FAUX
90 %

Nombre de votes : 175

Réponse :

Faux

Les enfants manifestant des comportements sexuels problématiques (CSP) sont âgés de 12 ans et moins et ils initient des comportements impliquant des parties sexuelles du corps (ex. parties génitales, anus, fesses, seins) qui sont inappropriés sur le plan développemental ou potentiellement néfastes pour eux-mêmes ou pour les autres. Alors que les premiers modèles théoriques (modèles du trauma) ont tenté d’expliquer l’origine de ces comportements en mettant l’accent sur le rôle prédominant, sinon unique, de l’abus sexuel, de multiples études ont permis d’affirmer que :

  1. des histoires d’abus sexuels ont été identifiées chez des proportions relativement élevées d’enfants présentant des CSP, mais plusieurs de ces enfants sont également sans histoire d’abus sexuel;
  2. les enfants qui ont été abusés sexuellement sont plus susceptibles de manifester des CSP que les enfants n’ayant pas ce genre d’histoire; toutefois, la majorité ne développe pas ce type de comportement;
  3. les enfants d’âge préscolaire manifestant des CSP présenteraient des taux d’abus physiques et d’exposition à la violence conjugale supérieurs aux taux d’abus sexuels.

Bien que la victimisation sexuelle puisse s’avérer une source d’influence majeure dans certains cas, il apparaît probable que le développement des CSP implique des trajectoires complexes et multiples et non pas une trajectoire unique, simple et déterministe. En ce sens, les théories de l’apprentissage social et des systèmes familiaux soutiennent que la présence de CSP chez les enfants s’explique par des déterminants similaires à ceux d’autres problèmes de comportement extériorisés (ex. trouble des conduites, personnalité antisociale), c’est-à-dire qu’ils impliqueraient également l’influence de facteurs comme des modèles parentaux et familiaux dysfonctionnels et l’influence particulière d’un environnement sexualisé.

En savoir plus :

St-Amand, A. (2010). Comprendre les enfants aux comportements sexuels problématiques et intervenir auprès d’eux: bilan des connaissances. Conférence prononcée lors du colloque annuel du Centre de recherche JEFAR.

St-Armand, A., Bard, D.E. & Silovsky, J.F. (2008). Meta-analysis of treatment for child sexual behavior problems: practice elements and outcomes. Child Maltreatment, 13(2), 145-166.

St-Amand, A., Silovsky, J.F. & Saint-Jacques, M.-C. (soumis). « Comprendre les enfants aux comportements sexuels problématiques et intervenir auprès d’eux : bilan des connaissances » Revue canadienne de service social.

 

Question du mois : février 2011

La plupart des expériences de victimisation rapportées chez des jeunes en protection de la jeunesse surviennent à l’extérieur de la relation parent-enfant.

VRAI
28 %
FAUX
72 %

Nombre de votes : 67

Réponse :

VRAI

C’est ce qu’a révélé une enquête téléphonique menée auprès d’un échantillon de 220 jeunes âgés de 2 à 17 ans recevant des services de protection de la jeunesse. Cette enquête portait sur la polyvictimisation, un terme qui rend compte des multiples formes de violence auxquelles les jeunes sont exposés au fil de leur développement dans leur environnement familial et social. Il englobe les crimes dits « conventionnels » comme les voies de fait, les agressions à caractère sexuel, diverses formes de maltraitance, la victimisation par les pairs ou la fratrie, ou encore la violence indirecte, où le jeune est témoin ou exposé à des incidents de violence impliquant des tiers.

Les résultats démontrent que 53% des jeunes de l’échantillon sont des polyvictimes, i.e. qu’ils rapportent au moins quatre formes de victimisation différentes survenues au cours d’épisodes distincts. Plus spécifiquement :

  • 75% des jeunes auraient été victimes d’un crime conventionnel, particulièrement sous forme de taxage ou de voie de fait simple (i.e., non armée);
  • 68% auraient été victimisés par leurs pairs (incluant la fratrie), tant sous forme de violence physique qu’émotionnelle;
  • 66% auraient été exposé à la violence, particulièrement à des voies de fait simples ou armées survenant à l’extérieur du milieu familial;
  • 20% des jeunes (en majorité des filles) auraient subi au moins une agression à caractère sexuel, principalement sous forme de harcèlement sexuel verbal de la part d’un autre jeune de leur entourage et d’exposition à du matériel sexuel inapproprié.

Les expériences de victimisation débordent largement le cadre de la relation parent-enfant. Que ce soit dans leur foyer, à l’école, au sein de leur groupe d’amis, dans leur relation amoureuse, ou tout simplement dans leur voisinage, ces jeunes cumulent des expériences de violence. Plus ils vieillissent, plus la polyvictimisation est importante. Ce cumul d’expériences négatives pourrait expliquer une partie des problèmes d’adaptation affichés par ces jeunes, de même que leurs difficultés de santé et d’insertion socioprofessionnelle ultérieures.

En savoir plus :

La polyvictimisation des enfants au Québec. Geneviève Lessard, Marie-Hélène Gagné, Claire Chamberland, Nico Trocmé et al. CRSH : 2010-2013. En cours de réalisation.

 

Question du mois : Janvier 2011

Entre 1830 et 1970, les orphelinats de la province du Québec n'accueillent que très peu d'orphelins.

VRAI
0 %
FAUX
0 %

Nombre de votes : 0

Réponse :

VRAI
L’interprétation du mot « orphelin » est à la fois restrictive et extensive. D’une part, suivant une définition traditionnelle, un orphelin est un enfant légitime, issu de parents mariés. D’autre part, dans sa portée la plus large, l’absence parentale n’est pas due qu’à la mort. Les orphelinats accueillent par nature quelques vrais orphelins (de père et de mère), mais ils hébergent surtout des demi-orphelins (de père ou de mère) et des enfants délaissés en raison d’une insuffisance morale ou matérielle des parents. Il s’agit d’enfants en situation familiale difficile (séparation, maladie, chômage, pauvreté, etc.). Les orphelinats s’occupent d’enfants « en danger », une population intermédiaire entre les « sans famille » et les « délinquants »: des jeunes qui risquent de tomber dans la délinquance parce que leur famille n’a pas les moyens de les éduquer.

En savoir plus :

Mathieu PETER, « La métamorphose des orphelinats québécois au cours de la Révolution tranquille (1959-1971) », à paraître en 2011. Chercheur postdoctoral au JEFAR

Marie-Paule MALOUIN (sous la direction de), L’univers des enfants en difficulté au Québec entre 1940 et 1960, Bellarmin, Saint-Laurent, 1996 ; Gérard PELLETIER, Histoire des enfants tristes. Un reportage sur l’enfance sans soutien dans la Province de Québec, Action nationale, Montréal, 1950.

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Question du mois : Décembre 2010

L’approche S’occuper des enfants vise à promouvoir la sécurité des enfants victimes de mauvais traitements en assurant un suivi intensif du milieu familial et en se centrant sur les difficultés vécues par le jeune et sa famille.

VRAI
0 %
FAUX
0 %

Nombre de votes : 0

Réponse :

FAUX
L’approche S’occuper des enfants (SOCEN), développée en Angleterre au début des années 1990, est une approche d’intervention novatrice axée sur le développement et le bien-être de l’enfant placé. Elle fait la promotion de la nécessité de maintenir un bon encadrement parental dans les milieux substituts afin de favoriser le développement optimal de l’enfant. Cette approche souhaite apporter une meilleure connaissance de ce qui est attendu d’un enfant à chaque étape de son développement dans les différentes dimensions de sa vie. SOCEN vise principalement à déterminer les besoins, les forces et les aspirations de l’enfant comme base de la planification de l’intervention. Cette approche permet de soutenir de façon concrète les adultes qui prennent soin d’un enfant placé (parent, parent d’accueil et intervenant) afin de répondre à ses besoins et favoriser son développement. Il s’agit d’une approche écosystémique qui considère l’enfant dans sa globalité. L’ensemble des dimensions de sa vie sont prises en considération: santé, éducation, développement émotif et comportemental, identité, relations familiales et sociales, présentation de soi et habiletés à prendre soin de soi. La notion de résilience constitue également un élément central de cette approche. Ainsi, SOCEN souhaite favoriser un développement dit «optimal» des enfants malgré les circonstances difficiles dans lesquelles ils évoluent. Concrètement, il s’agit de mettre l’emphase sur les forces et les compétences des enfants et de leur permettre de vivre
des expériences positives et valorisantes. SOCEN représente un changement de perspective dans l’intervention auprès des enfants placés, ne se centrant pas uniquement sur leur protection et leur sécurité, mais sur leur développement. Au Québec, l’Association des centres jeunesse du Québec qui soutient l’implantation de cette approche, prévoit une implantation dans tous les centres jeunesse du Québec d’ici 2012. Une évaluation des conditions d’implantation ainsi qu’une évaluation des effets de cette approche sur le développement des enfants placés a été menée de 2003 à 2008.

En savoir plus :

Poirier, M.A. ; Simard, M.C. ; Decaluwe, B. et Beaumier, I. (2009). Rapport final du projet S’occuper des enfants (SOCEN) au Québec. Présenté à la Stratégie nationale pour la prévention du crime, Centre national de prévention du crime. Montréal : Université de Montréal, Novembre 2009, 158p.

Consulter le site Internet de l’Association des centres jeunesse du Québec au www.acjq.qc.ca

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Question du mois : Novembre 2010

Au Québec, si un juge de la jeunesse déclare que la sécurité et le développement d’un enfant sont compromis et que la preuve démontre clairement que : 1) les parents sont violents et inaptes à assumer leurs responsabilités parentales et 2) l’intérêt de cet enfant est d’être placé définitivement dans une autre famille, ce juge peut ordonner que les parents soient déchus de leur autorité parentale.

VRAI
0 %
FAUX
0 %

Nombre de votes : 0

Réponse :

FAUX
La Loi sur la protection de la jeunesse prévoit qu’en pareilles circonstances, le juge de la jeunesse pourrait ordonner que l'exercice de certains attributs de l'autorité parentale soit retiré aux parents (par exemple, le droit d’avoir des contacts ou le droit de prendre des décisions concernant la santé de l’enfant) et qu'il soit confié au directeur ou à toute autre personne que le tribunal aura désignée. Par contre, la Cour du Québec n’a pas compétence pour déchoir un parent de son autorité parentale, c’est-à-dire de lui retirer son statut de titulaire de l’autorité parentale, avec tous les droits et les obligations que cela implique. La déchéance est du ressort exclusif de la Cour supérieure. C’est un des exemples qui est mis de l’avant par ceux et celles qui favorisent la création d’un tribunal unifié de la famille au Québec et qui estiment que cela permettrait une approche plus globale de l’intervention judiciaire à l’égard des problématiques familiales.

En savoir plus :

http://www.justice.gouv.qc.ca/francais/publications/rapports/pdf/crpc/crpc-rap2.pdf, pp. 66-72. Ouellette, Françoise-Romaine et Dominique Goubau (2009). Entre abandon et captation. L’adoption québécoise en banque mixte. Anthropologie et Sociétés, 33 (1) 65-81.

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Question du mois : Octobre 2010

En début de carrière, les jeunes travailleuses/travailleurs sociaux se sentent plus
compétents pour évaluer l’urgence d’une situation que pour initier de nouvelles
pratiques sociales?

VRAI
0 %
FAUX
0 %

Nombre de votes : 0

Réponse :

VRAI
Dans une enquête effectuée en 2009 auprès de 160 travailleuses/travailleurs sociaux membres de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux du Québec depuis moins de 5 ans, un peu plus du quart ont indiqué se sentir Très (8,3%) ou Assez (18,5%) compétents pour initier de nouvelles pratiques sociales alors que plus de 90% ont mentionné s’estimer compétents [Très (40,6%) ou Assez (50,3%)] pour « Évaluer l’urgence, les risques et le danger d’une situation ». À l’image de l’ensemble des données de cette enquête, ce résultat suggère que les jeunes professionnels ne se sentent pas vraiment bien outillés pour renouveler la pratique; ils se sentent plus à l’aise de reproduire ce qui se fait déjà. Doit-on y voir un signe inquiétant pour le renouvellement de la profession du travail social ou, au contraire, s’agit-il d’un indice réconfortant?

En savoir plus :

Cette étude a été réalisée par Daniel Turcotte en collaboration avec l’OPTSTCF. Les résultats seront diffusés dans les prochains mois.

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Question du mois : Septembre 2010

Un jeune qui adopte des comportements antisociaux dans un environnement où les actes délinquants confèrent un statut élevé est considéré comme étant résilient puisqu’il est bien adapté dans son contexte.

VRAI
0 %
FAUX
0 %

Nombre de votes : 0

Réponse :

FAUX
Généralement, la résilience est définie comme la présence ou le maintien de compétences malgré un contexte de risques; la compétence est alors présentée comme une adaptation réussie à l’environnement. Cela étant dit, il est essentiel de se poser la question de ce qu’est une compétence et une adaptation réussie ? En effet, les comportements jugés compétents et adaptés dans un environnement donné peuvent être considérés tout à fait inadaptés dans un autre. Par exemple, un jeune peut développer des comportements antisociaux dans un contexte où les actes délinquants confèrent un statut social élevé. Afin de contrer cette difficulté à définir l’adaptation, les auteurs réfèrent généralement à un certain nombre de compétences nécessaires à la poursuite du développement pour porter un regard sur la résilience (ex. : capacité d’attachement, autocontrôle, adaptation scolaire, établissement de lien d’amitié, etc.). Ainsi, dans l'exemple donné plus haut, les comportements antisociaux du jeune, bien que pouvant être une stratégie de survie dans son environnement, ne seraient pas considérés comme reflétant la résilience, sur le plan comportemental tout au moins. Ces qualités de débrouillardise ou d’intelligence qui sont peut-être associées à cette stratégie pourraient être, par ailleurs, des points d'appui sur lesquels se développera la résilience de ce jeune.

En savoir plus :

Sylvie Drapeau, Marie-Christine Saint-Jacques, Rachel Lépine, Gilles Bégin et Martine Bernard (2003). La résilience chez les jeunes hébergés en milieu substitut, Service social, Volume 51, numéro 1, 2004, p. 78-97. Article et résumé disponibles sur Érudit www.erudit.org/recherche/ss/

La résilience chez les adolescents placés. Rapport de recherche complet disponible au Centre de recherche sur l’adaptation des jeunes et des familles à risque (JEFAR), 2003, 48 p.

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Question du mois : Juin 2010

Lorsque des intervenants de centres jeunesse ont à prendre la décision d’inclure ou non le conjoint d’une mère dans leurs interventions, l’opinion de cette dernière est prise en compte, mais c’est davantage leur jugement professionnel qui domine.

VRAI
0 %
FAUX
0 %

Nombre de votes : 0

Réponse :

FAUX
Dans une étude réalisée auprès de 22 intervenants de deux centres jeunesse (Québec et Chaudière-Appalaches), il ressort clairement que l’avis du parent légal de l’enfant (la mère dans la plupart des cas) a préséance sur tous les autres critères de décision. L’absence de liens légaux entre le compagnon de la mère et l’enfant pourrait expliquer le poids accordé à cet avis par les intervenants puisque dans le cadre de la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ), ils ont d’abord l’obligation de travailler avec les parents légaux de l’enfant. Dans cette optique, certains intervenants croient que seule la mère peut dire quelle place son compagnon doit occuper dans l’intervention. La seule opinion de la mère peut donc les amener à inclure ou à exclure le conjoint de l’intervention. Cette position peut toutefois avoir des conséquences fâcheuses telles qu’illustrées dans l’extrait suivant : «Je rencontre la mère qui me demande de ne pas impliquer le beau-père. Donc, je n’insiste pas. […] Je voyais qu’en venant nous voir la mère faisait des progrès alors que le beau-père restait accrocher à l’image du fils en trouble de comportement. Ça a fait, merde, j’ai manqué mon coup! J’aurais dû insister pour l’inclure dans l’intervention». Certains intervenants concluent donc qu’il serait préférable d’amener la mère à se questionner sur sa prise de position afin de ne pas être privé d’une ressource susceptible d’aider à la résolution de la situation de compromission.

En savoir plus :

Parent, C., Saint-Jacques, M.-C., Beaudry, M., Robitaille, C., Charbonneau, C. avec la collaboration de Louise Pépin (2004). L’implication du beau-père dans l’intervention sociale auprès de familles recomposées en protection de la jeunesse. Recherche subventionnée par le Fonds Richelieu de recherche sur l’enfance.

Rapport de recherche disponible au Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire: www.centrejeunessedequebec.qc.ca/institut

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Question du mois : Mai 2010

L’intervention familiale écosystémique (visant à promouvoir un meilleur fonctionnement familial) figure parmi les modèles d’intervention qui contribuent le plus à ce que les familles négligentes ou à risque répondent mieux aux besoins de leurs enfants

VRAI
0 %
FAUX
0 %

Nombre de votes : 0

Réponse :

VRAI
Le développement des connaissances a permis d’identifier que les interventions les plus efficaces considèrent les divers besoins des familles négligentes. Les programmes qui ont fait leurs preuves s’appuient sur des approches théoriques écologique, comportementale, cognitive et familiale systémique. Ils offrent des services multidimensionnels qui ciblent la famille. Ils incluent des interventions individuelles auprès de chacun des membres de la famille, en groupe auprès des parents et des enfants ainsi qu’auprès de toute la famille réunie. Par exemple, les résultats du « Projet famille », un modèle d’intervention familiale écosystémique centré sur le fonctionnement familial expérimenté auprès de familles du CJQ-IU et du CSSS-QN, suggèrent qu’il s’agit d’un programme prometteur. Dans le cadre de ce projet, des familles ont amélioré leur fonctionnement et des dossiers d’enfants ont été fermés. Les intervenantes ont plus particulièrement relevé l’importance de rencontrer tous les membres de la famille ensemble afin d’être en mesure d’observer les interactions familiales plutôt que de se fier sur les perceptions partielles de l’un ou l’autre des membres de la famille. Sans être une panacée, ce type d’intervention devrait être une stratégie spécifique d’intervention dans une approche écosystémique plus large et s’insérer dans le coffre à outils des intervenants afin de répondre aux besoins différenciés des familles.

En savoir plus :

Brousseau, Michèle, Madeleine Beaudry, Marie Simard et Cécile Charbonneau (2009). Le « Projet famille » en contexte de négligence. Développement et expérimentation d’une intervention familiale. Québec : Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire

Rapport de recherche et résumé disponibles au Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire :www.centrejeunessedequebec.qc.ca/institut

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Question du mois : Avril 2010

Lorsque les journaux publient des articles au sujet de la protection de la jeunesse, plus de signalements sont acheminés dans les jours suivants au Centre jeunesse de Québec-Institut universitaire.

VRAI
0 %
FAUX
0 %

Nombre de votes : 0

Réponse :

FAUX
Le nombre d’articles publiés dans les journaux n’influe pas, à court terme, le nombre des signalements qui sont faits, pas plus, d’ailleurs que la pleine lune. Le principal facteur de prédiction du nombre de signalements acheminés, sur une base hebdomadaire, au CJQ-IU est la période de l’année. En effet, moins d’enfants sont signalés lorsque ceux-ci sont en congé (férié ou scolaire), et plus d’enfants font l’objet de signalements en février et en mars. L’impact des médias sur la fluctuation des signalements n’est pas un mythe, mais il est d’un autre ordre. En conscientisant le public, les médias ont en effet insufflé une part de l’énergie nécessaire à la création de mécanismes plus efficaces pour repérer et protéger les enfants maltraités.

En savoir plus :

Saint-Jacques, M.-C., Turcotte, D., Drapeau, S., Villeneuve, P., Ivers, H., Godbout, E. (2009). Signalement d’enfants aux services de protection de la jeunesse : quels acteurs sont influencés par la couverture journalistique de la maltraitance? Déviance et Société, vol. 33 ( 4), 501-518.

Saint-Jacques, M.-C., Turcotte, D., Drapeau, S., Villeneuve, P., Ivers, H., Godbout, E. (2009). Victimisation d’enfants rapportée aux services de protection de la jeunesse et couverture journalistique de la maltraitance: quelles relations? Dans Délinquances et changements sociaux, des modes de vie et des pratiques d'intervention - Dialogue Sud- Nord, 481-498. Sous la direction de M. Guedah, Faculté des lettres et des Sciences Humaines de Rabat. Série Colloques et séminaires N° 159.

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